Home AffairesLes sanctions de Trump contre la Russie déplacent la guerre en Ukraine vers le front énergétique

Les sanctions de Trump contre la Russie déplacent la guerre en Ukraine vers le front énergétique

by Amélie Bernard

Publié le 26 octobre 2023. Face à un ralentissement des combats sur le terrain en Ukraine, Moscou et Kiev semblent désormais concentrer leurs efforts sur une guerre économique, ciblant les infrastructures énergétiques de l’autre pour tenter de briser l’impasse.

  • Les États-Unis et l’Europe ont annoncé de nouvelles sanctions contre l’industrie pétrolière russe, pilier financier de l’effort de guerre de Moscou.
  • L’Ukraine multiplie les attaques de drones contre les raffineries russes, imposant ce qu’elle appelle des « sanctions à long terme ».
  • La Russie cible de son côté les infrastructures énergétiques ukrainiennes, dans une stratégie visant à affaiblir la capacité de résistance du pays.

Le conflit s’est intensifié avec l’annonce de nouvelles sanctions américaines et européennes contre le secteur pétrolier russe, considéré comme une source de revenus essentielle pour Moscou. Ces mesures visent à limiter la capacité de la Russie à financer son offensive en Ukraine.

Parallèlement, Kiev intensifie ses propres efforts pour affaiblir l’économie énergétique russe. Des attaques de drones ont ainsi frappé plusieurs raffineries, causant des dommages significatifs et perturbant la production. L’Ukraine cherche également à mobiliser le soutien international pour une action plus coordonnée contre le secteur énergétique russe.

La Russie, de son côté, poursuit ses frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, notamment les centrales électriques et les réseaux de distribution de gaz. Selon des experts, l’objectif est de paralyser l’économie ukrainienne et de saper le moral de la population à l’approche de l’hiver.

« Les nouvelles sanctions américaines contre les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Loukoïl et Rosneft, étaient probablement une réponse à la campagne russe contre le réseau électrique ukrainien. »

Balazs Jarabek, ancien diplomate de l’Union européenne à Kiev

Balazs Jarabek estime que ces mesures américaines visent à faire pression sur le Kremlin pour qu’il cesse ses attaques et envisage un cessez-le-feu limité sur les infrastructures énergétiques.

Bien que Moscou ait démontré une certaine résilience face aux sanctions occidentales en diversifiant ses partenaires commerciaux, notamment la Chine et l’Inde, et en trouvant des moyens de contourner les restrictions, la décision de Washington d’imposer des sanctions directement au secteur pétrolier russe représente une escalade significative. Les compagnies Rosneft et Loukoïl représentent à elles seules près de la moitié de la production pétrolière russe. Leur inclusion sur la liste noire pourrait inciter des acheteurs importants, comme l’Inde, à réduire leurs importations.

Les analystes soulignent que si la Russie était privée de ces revenus, elle pourrait avoir des difficultés à remplacer le matériel perdu sur le champ de bataille et à maintenir le financement de ses forces armées.

« En ce qui concerne tant l’équipement que le personnel, la clé de la capacité de la Russie à reconstruire sa puissance de combat est l’argent, qui est généré en grande partie par le secteur pétrolier et gazier. »

Jack Watling, chercheur au Royal United Services Institute de Grande-Bretagne

Selon les prévisions, les dépenses militaires russes pourraient diminuer l’année prochaine pour la première fois depuis le début de la guerre, en raison de ces pressions économiques croissantes.

Par ailleurs, les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes ont déjà eu un impact significatif, détruisant ou endommageant environ 20 % de la capacité de raffinage du pays, selon le New York Times.

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