Washington – Le Congrès américain est sous pression pour agir avant la fin de l’année afin d’éviter une forte augmentation des primes d’assurance santé pour des millions d’Américains bénéficiant de l’Affordable Care Act (ACA). Malgré un consensus sur la nécessité d’une solution, les divergences entre Républicains et Démocrates rendent incertaine l’issue des négociations.
Une audition récente devant le Comité sénatorial de la santé, de l’éducation, du travail et des pensions a mis en lumière les difficultés rencontrées pour trouver un accord. Les subventions temporaires mises en place pendant la pandémie de coronavirus, qui ont permis de réduire le coût des assurances, doivent expirer fin 2025. Sans intervention du Congrès, les primes devraient doubler en moyenne pour les inscrits subventionnés, et environ 4 millions d’Américains pourraient perdre leur couverture.
Le sénateur Bill Cassidy (Républicain de Louisiane) a souligné l’urgence de la situation : « J’espère que nous pourrons trouver un projet de loi pouvant obtenir 60 voix et résoudre le problème des échanges pour le 1er janvier 2026. Nous pouvons promouvoir de grandes idées, des idées grandioses, à droite ou à gauche, mais nous devons avoir une solution dans trois semaines. »
Les Démocrates privilégient une prolongation simple des subventions existantes, le temps d’élaborer une réforme plus globale. Cependant, ils peinent à convaincre les Républicains de soutenir cette approche. Ces derniers proposent diverses alternatives, allant du financement de subventions de réduction du partage des coûts à l’élargissement de la disponibilité de plans d’assurance à court terme, en passant par l’orientation des fonds fédéraux vers des comptes d’épargne liés à des plans d’assurance de base.
Certains Républicains, comme les sénateurs Lisa Murkowski (Alaska), Josh Hawley (Missouri) et Jon Husted (Ohio), ont exprimé une certaine ouverture à une prolongation des subventions, face à l’impact potentiel sur les primes. « Nous avons quelques jours pour prouver que nous nous en soucions. Nous allons essayer », a déclaré Husted.
Cependant, d’autres conservateurs insistent sur la nécessité de réformer l’ACA, dénonçant des fraudes et estimant que la crise de l’accessibilité financière des soins de santé aux États-Unis est antérieure à la loi de 2010. Joel White, président du Council for Affordable Health Coverage, a affirmé que « l’ACA a jeté de l’huile sur l’incendie des coûts des soins de santé » et que « l’ajout de davantage de subventions ne résoudra pas ces problèmes sous-jacents, cela ne fera que les renforcer. »
Les Démocrates reconnaissent que l’ACA n’est pas parfaite, mais soulignent que la situation était pire avant son adoption, notamment en raison de l’obligation pour les assureurs de couvrir gratuitement les soins préventifs. La sénatrice Tammy Baldwin (Démocrate du Wisconsin) a insisté sur le rôle de l’ACA en tant que « assurance médicale de prévention des faillites », protégeant les familles contre des dépenses de santé catastrophiques.
Le Sénat doit voter un projet de loi sur les subventions à la mi-décembre, dans le cadre des négociations budgétaires. Cependant, le contenu de ce projet de loi reste incertain, les Républicains étant divisés sur la question du renouvellement des subventions. Certains conservateurs souhaitent également y inclure une interdiction de la couverture de l’avortement, une proposition inacceptable pour les Démocrates.
L’adoption d’un projet de loi par le Congrès et sa signature par le président Donald Trump ne sont pas garanties, ce dernier ayant récemment critiqué le système de subventions de l’ACA. La Maison Blanche avait initialement envisagé de présenter son propre plan, mais a finalement renoncé en raison de l’opposition des législateurs Républicains.
