Home SantéLes signaux dans le cerveau fournissent des informations sur la gravité de la maladie de Parkinson

Les signaux dans le cerveau fournissent des informations sur la gravité de la maladie de Parkinson

by Sophie Martin

Publié le 23 novembre 2025 à 09h00. Une nouvelle étude révèle que le « bruit » cérébral, longtemps considéré comme aléatoire, pourrait être un indicateur clé de la gravité de la maladie de Parkinson, ouvrant la voie à des diagnostics plus précis et à des traitements personnalisés.

  • Une nouvelle analyse du « bruit cérébral » permet de rendre visibles les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson directement dans le cerveau.
  • L’étude, menée sur 119 patients, s’appuie sur la stimulation cérébrale profonde et une analyse approfondie des signaux cérébraux.
  • Les chercheurs identifient des biomarqueurs neurologiques dans les signaux du noyau sous-thalamique, ouvrant des perspectives pour une thérapie adaptative.

La maladie de Parkinson, affection neurodégénérative chronique et progressive, affecte les cellules nerveuses productrices de dopamine, entraînant des troubles moteurs tels que lenteur des mouvements, raideur musculaire et tremblements. Une équipe internationale de chercheurs a désormais mis en évidence un lien significatif entre l’activité électrique du cerveau et la progression de la maladie, en se concentrant sur un phénomène jusqu’alors négligé : le bruit cérébral.

Depuis longtemps, les scientifiques observent des modifications de l’activité électrique dans les noyaux gris centraux, des structures cérébrales cruciales pour la coordination des mouvements, chez les patients atteints de Parkinson. En particulier, une augmentation des ondes bêta (dans la gamme de 13 à 30 Hertz) est fréquemment constatée. Cependant, une nouvelle étude, publiée dans la revue EBioMedicine, démontre que le bruit cérébral à large bande, auparavant considéré comme un signal non spécifique, contient en réalité une signature électrique précise des symptômes moteurs.

L’étude s’est appuyée sur les données de 119 patients ayant bénéficié d’une stimulation cérébrale profonde, une technique chirurgicale consistant à implanter des électrodes dans le cerveau pour moduler l’activité neuronale. Ces électrodes permettent non seulement de délivrer des impulsions électriques, mais aussi d’enregistrer les potentiels de champ localisés dans le noyau sous-thalamique. L’analyse de ces signaux a révélé que la combinaison de la puissance des ondes bêta et de la puissance apériodique à haut débit reflète mieux la gravité de la maladie que les marqueurs traditionnels.

Les chercheurs ont découvert que le spectre de l’activité cérébrale peut être décomposé en une composante apériodique à large bande et des oscillations superposées. La composante apériodique, caractérisée par une structure de type 1/f, semble fournir des informations sur l’activité moyenne des groupes de neurones et la manière dont cette activité est répartie dans différentes plages de fréquences. Les mesures réalisées chez les patients atteints de Parkinson ont montré des modifications systématiques de cette puissance apériodique, avec des différences significatives entre les hémisphères cérébraux plus ou moins touchés.

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques. À long terme, il pourrait être possible de développer des systèmes de stimulation cérébrale profonde adaptatifs, capables d’ajuster dynamiquement leur force de stimulation en fonction de l’activité cérébrale du patient. L’objectif serait de créer une boucle fermée dans laquelle les biomarqueurs neurologiques servent de rétroaction pour optimiser le traitement et minimiser les effets secondaires.

Cependant, la mise en œuvre de ces technologies dans la pratique clinique quotidienne représente un défi. L’analyse du bruit cérébral et des paramètres spectraux complexes nécessite des protocoles de mesure standardisés, un traitement du signal robuste et des dispositifs capables d’exécuter ces fonctions de manière fiable. Il est également important de déterminer si cette signature électrique est spécifique à la maladie de Parkinson ou si elle se retrouve dans d’autres troubles du mouvement.

Parallèlement, d’autres pistes de recherche sont explorées, notamment l’utilisation de substances pour soulager les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson, comme le montrent des études sur un médicament à base de cannabis. Les travaux récents sur le « bruit » cérébral représentent néanmoins une avancée significative dans la compréhension des mécanismes neurologiques sous-jacents à la maladie de Parkinson et ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de traitements plus efficaces et personnalisés.

EBioMedicine, Au-delà des rythmes bêta : échelles de puissance à large bande apériodique subthalamique avec la gravité de la maladie de Parkinson – une étude multicentrique transversale ; doi:10.1016/j.ebiom.2025.105988

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.