Publié le 5 décembre 2025 à 23h42. Des révélations troublantes concernant des frappes américaines contre des navires soupçonnés de trafic de drogue mettent en lumière un incident où des survivants ont été visés par une seconde attaque, suscitant des questions sur le respect du droit international et la légalité de ces opérations.
- Une vidéo présentée aux législateurs américains montre des survivants d’une première frappe faisant des gestes qui pourraient être interprétés comme un appel à l’aide avant d’être tués lors d’une seconde frappe.
- L’administration Trump a mené plus de 20 frappes contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue, faisant plus de 80 morts.
- Des divergences d’interprétation émergent au sein du Congrès américain quant à la légalité et la justification de ces opérations, certains dénonçant un possible crime de guerre.
L’affaire a pris une nouvelle dimension avec la diffusion d’une vidéo montrant les frappes, y compris celle qui a coûté la vie aux survivants, lors d’une audition à huis clos devant les membres du Congrès. L’amiral Mitch Bradley, commandant de l’opération, et le général Dan Caine, président d’état-major interarmées, ont témoigné. Cependant, les interprétations de la vidéo divergent fortement.
Le représentant démocrate Jim Himes du Connecticut a exprimé son indignation face à la situation des survivants, les décrivant comme « clairement en détresse, sans aucun moyen de locomotion ». Il a qualifié cette scène de « l’une des choses les plus troublantes qu’il ait vues depuis qu’il est en fonction publique ». À l’inverse, le sénateur républicain Tom Cotton de l’Arkansas a estimé que les survivants « essayaient de renverser un bateau chargé de drogue à destination des États-Unis afin de pouvoir rester dans le combat », concluant que les quatre frappes du 2 septembre étaient « tout à fait licites et nécessaires ».
Plusieurs législateurs ont rapporté que l’amiral Bradley avait affirmé qu’il n’avait reçu aucun ordre du secrétaire à la Défense Pete Hegseth de tuer tous les individus à bord des navires ciblés.
L’opération du 2 septembre était la première d’une série de plus de 20 frappes menées par l’administration Trump contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue. Les responsables justifient cette campagne par la nécessité d’endiguer le trafic de stupéfiants, tandis que les critiques dénoncent un manque de fondement juridique. L’armée américaine a indiqué que plus de 80 personnes ont été tuées dans ces frappes, dont 11 lors de l’opération du 2 septembre.
La Maison Blanche a confirmé la seconde frappe, qui a entraîné la mort des deux survivants de l’attaque initiale. Karoline Leavitt, attachée de presse de la Maison Blanche, a défendu cette action, la qualifiant de légale et justifiée pour « garantir la destruction du bateau ». Le président Trump a déclaré mercredi qu’il soutiendrait la publication d’une vidéo des frappes auprès du public. Interrogé sur l’opportunité d’éliminer les survivants, le président a répondu :
« Non, je soutiens la décision de démolir les bateaux. »
Donald Trump, Président des États-Unis
L’affaire est d’autant plus sensible qu’elle pourrait constituer un crime de guerre, selon certains experts juridiques et démocrates. Le débat sur la légalité et la moralité de ces opérations est donc loin d’être clos.
Les membres du Congrès ont visionné la vidéo des frappes lors d’une audition à huis clos jeudi avec l’amiral Bradley et le général Caine.
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