Publié le 23 décembre 2025 à 06h23. Les embouteillages croissants à Édimbourg affectent la fiabilité des bus, incitant les opérateurs à réclamer des mesures prioritaires pour encourager l’utilisation des transports en commun et éviter une baisse de fréquentation.
- La vitesse moyenne des bus à Écosse a chuté de 24,9 km/h à 18,3 km/h en deux ans.
- La ligne de bus numéro 38, reliant le nord et le sud d’Édimbourg, est particulièrement touchée par les retards.
- Les opérateurs plaident pour des couloirs bus, des priorités aux feux et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les trajets.
Les usagers du bus numéro 38 à Édimbourg constatent une détérioration de la ponctualité de leur ligne, un service pourtant essentiel pour desservir un collège, un parc commercial et deux hôpitaux. Les retards s’accumulent, rendant les trajets plus stressants et imprévisibles, comme le témoigne Nico Reverie, un employé de magasin qui utilise régulièrement cette ligne.
« On voit bien les obstacles, mais on ne peut pas grand-chose faire. C’est frustrant quand il y a des retards car je dois prendre un bus de correspondance, donc on ne sait parfois pas s’il va arriver. »
Nico Reverie, usager régulier du bus numéro 38
Francis Boyle, un employé de la Royal Infirmary d’Édimbourg, souligne également l’impact des embouteillages, même s’il a la chance de voyager aux heures creuses. Il relève que les travaux routiers contribuent également aux perturbations.
« C’est un service plutôt bon dans l’ensemble, mais il ne fonctionne pas assez longtemps dans la journée, surtout si l’on considère qu’il couvre deux grands hôpitaux. Il peut y avoir des embouteillages, mais ils semblent toujours se heurter aux aléas des travaux, peu importe où l’on se trouve dans la ville. »
Francis Boyle, usager du bus numéro 38
Une étude commandée par l’association professionnelle CPT Scotland (Confederation of Passenger Transport Scotland) révèle une augmentation significative de la durée d’exploitation de la ligne 38 au cours des vingt dernières années, due à l’augmentation du trafic, à la réduction des limitations de vitesse et à l’aménagement de pistes cyclables. La fréquence des bus a été réduite pour maintenir le même nombre de véhicules en service, ce qui n’a pas échappé aux usagers.
Selon Paul White, directeur de CPT Scotland, les bus pris dans la circulation allongent la durée des trajets, augmentent les coûts d’exploitation et rendent les transports en commun moins attractifs, ce qui peut entraîner une baisse de fréquentation, des réductions de services ou une augmentation des tarifs.
« Lorsqu’un bus ou un autocar est coincé dans la circulation, cela allonge la durée du trajet des passagers, augmente les coûts d’exploitation et rend finalement le bus moins attractif, ce qui peut entraîner une réduction de l’utilisation des bus, des réductions de services ou des tarifs plus élevés. »
Paul White, directeur de CPT Scotland
CPT Scotland propose des solutions telles que des couloirs bus, des priorités aux feux de circulation et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les trajets. L’association cite l’exemple des portes de bus controversées à Aberdeen, où les temps de trajet ont été réduits de 18,8 % et le nombre de passagers a augmenté.
L’étude du CPT estime qu’une augmentation de la vitesse moyenne des bus en milieu urbain, actuellement de 12,5 km/h, à 21,2 km/h, permettrait d’ajouter 11,3 millions de trajets supplémentaires chaque année et de réduire les coûts des opérateurs de 38 % grâce à une optimisation des effectifs et du matériel roulant.
Lothian Buses, l’opérateur public largement reconnu pour la qualité de ses services, est également confronté à ces défis. Willie Hamilton, directeur des opérations, met en avant l’augmentation des travaux routiers comme principal obstacle.
« Il est facile de considérer un bus comme un simple véhicule, mais à bord de ce bus, il pourrait y avoir jusqu’à 129 personnes. Si vous heurtez ce véhicule, c’est différent du voyage d’une personne dans une voiture et c’est le message que nous essayons de faire passer. »
Willie Hamilton, directeur des opérations de Lothian Buses
M. Hamilton souligne que gagner quelques secondes aux carrefours grâce à des mesures prioritaires peut avoir un impact significatif sur l’expérience des passagers. L’entreprise explore également l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser les données en temps réel et anticiper les embouteillages, à l’instar des tests menés à Glasgow.
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