Publié le 18 décembre 2025. La Chine a considérablement augmenté ses importations de soja, tirant les exportations brésiliennes à des niveaux records, dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis et d’anticipation des potentielles nouvelles barrières douanières américaines.
- La Chine devrait importer un volume record de soja cette année, dépassant les 110 millions de tonnes.
- Le Brésil devrait exporter 109 millions de tonnes de soja en 2025, un chiffre également record.
- Les achats chinois ont basculé vers le Brésil après une augmentation des importations américaines en début d’année, anticipant les politiques commerciales de Donald Trump.
Les échanges de soja entre le Brésil et la Chine atteignent des sommets historiques, reflétant une dynamique complexe influencée par les politiques commerciales et les stratégies d’approvisionnement. Selon les données douanières chinoises, les importations de soja de janvier à novembre se sont élevées à 104 millions de tonnes, avec un dernier volume de 8,1 millions de tonnes en novembre. Si la Chine importe 6 millions de tonnes en décembre, elle dépassera le seuil des 110 millions de tonnes pour l’année entière. Les estimations suggèrent même que ce chiffre pourrait atteindre 112 millions de tonnes, avec des achats de décembre estimés entre 7 et 8 millions de tonnes.
Du côté brésilien, l’Association Nationale des Exportateurs de Céréales (Anec) prévoit des exportations cumulées de 109 millions de tonnes pour l’ensemble de l’année 2025, basées sur les expéditions de navires en partance du Brésil. Cette performance est directement liée à l’évolution de la politique tarifaire américaine. Daniele Siqueira, analyste chez AgRural, explique que la Chine, anticipant les potentielles restrictions douanières de Donald Trump, avait initialement prévu d’augmenter ses achats aux États-Unis vers la fin de 2024.
Cette anticipation s’est concrétisée par une augmentation des livraisons américaines au début de 2025. Jusqu’en octobre, les importations chinoises de soja américain ont atteint 16,8 millions de tonnes, contre 15,1 millions de tonnes à la même période en 2024. Cependant, une fois la politique tarifaire américaine confirmée, la Chine s’est tournée vers le Brésil, réduisant considérablement ses achats aux États-Unis. Les achats de soja brésilien ont ainsi augmenté de 16 % pour atteindre 82,8 millions de tonnes entre janvier et novembre.
Malgré les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, la demande chinoise en graines oléagineuses a été plus forte que prévu. Daniele Siqueira souligne que la Chine a d’abord sécurisé des achats anticipés auprès des États-Unis, puis a accéléré ses commandes au Brésil pour constituer des stocks et garantir son approvisionnement interne.
La reprise des achats américains en fin d’année reste incertaine. Selon les données gouvernementales américaines, qui ne sont pas à jour, la Chine aurait acheté 2,5 millions de tonnes. Le marché estime cependant que les expéditions pourraient atteindre 7 millions de tonnes d’ici février, bien en deçà des 12 millions de tonnes espérés par les États-Unis dans le cadre d’un accord bilatéral dont les termes n’ont jamais été officiellement reconnus par la Chine.
Les producteurs américains devraient ressentir plus fortement la concurrence brésilienne à partir du début de l’année prochaine, avec la récolte 2025/26 déjà bien amorcée. Daniele Siqueira se montre optimiste quant à la situation des cultures brésiliennes, soulignant que les prévisions de production de 178,5 millions de tonnes pourraient être revues à la hausse lors du prochain bilan sectoriel, bien qu’il soit nécessaire de surveiller les performances du soja semé tardivement.
Cette bonne récolte brésilienne et les difficultés rencontrées par les producteurs américains se traduisent par une baisse des prix sur le marché. Le premier contrat à terme s’échangeait à 10,58 dollars américains le bushel (27,2 kg) à Chicago, en baisse de 8,3 % au cours des 30 derniers jours.
Impact sur les prix du riz Les prix du riz sur le marché international ne sont pas favorables aux producteurs brésiliens, actuellement en phase de semis. Selon l’agence Trading Economics, les céréales ont accumulé une baisse de 37 % par rapport aux prix de l’année précédente. Ces bas prix à l’étranger facilitent les exportations et maintiennent les prix intérieurs à un niveau bas, comme le détaille cet article.
Sécurité alimentaire en Chine La Chine a réservé 10,8 millions d’hectares dans le delta du fleuve Yangtze à la seule production agricole, dans le but de renforcer sa sécurité alimentaire. Cette zone ne pourra être utilisée à d’autres fins avant 2035, selon Reuters.
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