Home AffairesL’EUR/USD est proche de sa juste valeur alors que les inquiétudes en matière de crédit aux États-Unis soutiennent une nouvelle force de l’euro

L’EUR/USD est proche de sa juste valeur alors que les inquiétudes en matière de crédit aux États-Unis soutiennent une nouvelle force de l’euro

by Amélie Bernard

Les inquiétudes persistantes concernant la santé du secteur bancaire américain et la qualité du crédit pèsent sur le dollar, tandis que l’euro pourrait bénéficier d’un apaisement des tensions. Les marchés surveilleront de près les résultats des banques régionales américaines cette semaine, ainsi que les chiffres de l’inflation aux États-Unis.

Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, avait déjà mis en garde contre la possibilité de nouvelles difficultés pour les banques régionales, et les récentes inquiétudes concernant deux établissements américains n’ont fait qu’accroître cette appréhension. Les investisseurs rechercheront des preuves concrètes de ces problèmes dans les publications de résultats de cette semaine. Si les difficultés se limitaient à l’Alliance occidentale, cela pourrait apporter un certain soulagement au dollar, mais il est peu probable que cela efface complètement les craintes concernant le marché du crédit. Au contraire, une contagion à d’autres banques ou une détérioration de la qualité du crédit pourrait entraîner une chute de plus de 1 % de l’indice DXY (dollar index) dans les prochains jours.

L’annonce des chiffres de l’inflation américaine, prévue plus tard cette semaine, ne devrait pas remettre en question les prévisions d’un assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Les analystes s’attendent à une hausse mensuelle de 0,3 % en septembre, ce qui confirmerait une baisse de 0,25 point de pourcentage des taux d’intérêt la semaine prochaine. À moins d’une surprise significative, l’impact sur les devises devrait être limité, le marché du travail jouant un rôle plus important dans les anticipations de taux.

Du côté de la zone euro, le calendrier économique est léger jusqu’à vendredi, et l’évolution de l’euro dépendra principalement du sentiment du marché à l’égard des États-Unis. L’EUR/USD se situe actuellement à un niveau considéré comme juste (1,167), malgré sa récente progression. Cette situation s’explique en partie par une sous-évaluation initiale modérée, mais aussi par le fait que les craintes américaines s’accompagnent d’une réévaluation des attentes concernant la Fed.

La situation politique française, bien que stabilisée, reste fragile. La récente décision de l’agence de notation Standard & Poor’s de rétrograder la note de la France de AA- à A+, malgré la présentation d’un projet de budget visant à réduire le déficit, illustre cette incertitude. Le gel de la réforme des retraites, bien qu’apportant un sursis politique temporaire, complique les futures décisions budgétaires. Les discussions budgétaires devraient s’intensifier dans les jours et semaines à venir, et il est encore trop tôt pour évaluer pleinement l’impact de la situation française sur l’euro. Cependant, une nouvelle dégradation du sentiment concernant le crédit américain pourrait propulser l’EUR/USD vers 1,180.

Au Royaume-Uni, les prévisions d’une inflation des services inférieure aux attentes de la Banque d’Angleterre (BoE) pourraient peser sur la livre sterling. Les analystes anticipent un chiffre de 4,6 % pour mercredi, contre 4,8 % selon le consensus. Par ailleurs, les informations concernant le budget de novembre, qui seront diffusées dans les semaines à venir, pourraient également influencer la livre sterling. Des inquiétudes concernant la viabilité budgétaire pourraient affecter les obligations d’État et la livre sterling, tandis qu’une augmentation des impôts pourrait freiner la croissance et favoriser un assouplissement anticipé de la BoE.

Dans les pays d’Europe centrale et orientale (PECO), les réunions des banques centrales et la géopolitique sont au centre des préoccupations. En Pologne, les données sur les salaires, la production industrielle et l’indice des prix à la production (IPP) seront publiées aujourd’hui. La Banque nationale de Hongrie devrait maintenir ses taux inchangés à 6,50 % mardi, mais ses perspectives d’avenir seront scrutées à la lumière de la faiblesse de l’économie et des appels à une baisse des taux. Jeudi, la Banque centrale de Turquie devrait poursuivre son cycle de réduction des taux, avec un ralentissement possible à 150 points de base. Une éventuelle rencontre entre les présidents américain et russe à Budapest pourrait également avoir un impact sur la région, notamment en cas de progrès dans le conflit ukrainien. Les devises des pays d’Europe centrale et orientale bénéficient d’une conjoncture favorable, avec un potentiel de reprise soutenu par un cessez-le-feu en Ukraine et la stabilisation des taux d’intérêt.

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