L’essai CHALLENGE 2025, publié dans The New England Journal of Medicine, révèle qu’un programme d’activité physique structuré réduit de 28 % le risque de récidive chez les patients atteints d’un cancer du côlon de stade II ou III. Cette avancée, rapportée par National Geographic, positionne l’exercice comme un traitement oncologique à part entière.
L’essai CHALLENGE 2025 et la survie des patients
Photo: Vietnam.vn
Le domaine de l’oncologie du sport connaît un tournant majeur. Pour les patients ayant terminé leur chirurgie et leur chimiothérapie, l’activité physique ne sert plus uniquement à atténuer les effets secondaires, mais influence directement le pronostic vital.
Selon les données de l’essai CHALLENGE 2025, les participants à un programme structuré ont vu leur risque de récidive, d’apparition d’un nouveau cancer ou de décès précoce chuter de 28 %. Plus frappant encore, le risque de décès, toutes causes confondues, a diminué de 37 %.
L’ampleur de ce bénéfice est telle que les auteurs de l’étude la comparent à l’efficacité de nombreux traitements médicamenteux approuvés contre le cancer. Cette mutation conceptuelle transforme l’exercice, autrefois considéré comme un simple soin de support, en un levier capable de modifier l’issue de la maladie.
L’activité physique n’est plus simplement un soutien dans cette lutte contre le cancer, elle peut désormais en changer l’issue.
Sharlene Gill, oncologue à l’université de la Colombie-Britannique (UBC)
Melinda L. Irwin, directrice adjointe du Yale Cancer Center, qualifie ces résultats de remarquables, soulignant que l’effet observé est suffisamment important pour améliorer la vie des patients de manière considérable.
L’impact mesurable des pas quotidiens sur la prévention
Photo: National Geographic
Si l’exercice aide à la guérison, il s’avère tout aussi crucial en amont. Des données compilées par l’Institut national du cancer des États-Unis et l’Université d’Oxford, portant sur 85 394 participants d’un âge moyen de 63 ans, établissent un lien direct entre le nombre de pas quotidiens et la réduction des risques oncologiques.
L’analyse, relayée par Vietnam.vn, montre que marcher davantage constitue l’un des moyens les plus simples de prévention.
5 000 pas : Point de référence.
7 000 pas : Réduction du risque de cancer de 11 %.
9 000 pas : Réduction du risque de cancer jusqu’à 16 %.
L’écart entre les profils les plus actifs et les plus sédentaires est encore plus marqué : les personnes pratiquant le plus d’exercice présentent un risque de développer un cancer inférieur de 26 % par rapport aux moins actives.
Les risques liés à la sédentarité et au temps d’écran
Octobre rose : le sport réduit le risque de cancer du sein
La lutte contre le cancer ne passe pas seulement par l’ajout d’activité, mais par la réduction drastique du temps passé assis. Une étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, analysant 43 études et 68 936 patients, démontre que la sédentarité excessive, notamment le temps passé devant la télévision, augmente les risques pour plusieurs organes.
Les chercheurs ont observé que le risque augmente progressivement avec chaque tranche de deux heures supplémentaires passées assis par jour :
Type de cancer
Augmentation du risque (par 2h assis/jour)
Réduction du risque (faible consommation TV)
Côlon
+ 8 %
– 54 %
Endomètre
+ 10 %
– 66 %
Poumon
+ 6 %
– 21 %
Des experts de l’Université du Kentucky exhortent ainsi la population à se lever plus souvent pour prévenir les cancers du sein, du côlon, du poumon, du rein, de l’endomètre, de l’œsophage, de la vessie et de l’estomac.
L’intégration de l’activité physique adaptée (APA) dans les soins
Photo: jds.fr
Pour les patients déjà malades, la pratique sportive ne peut être improvisée. C’est ici qu’intervient l’Activité Physique Adaptée (APA), une discipline conçue pour les personnes ayant des pathologies ou des besoins particuliers. L’objectif est d’éviter les blessures et la frustration liée à l’incapacité de pratiquer un sport de manière conventionnelle.
À Annonay, cette approche est mise en œuvre à l’espace Ligue, où Alexandre Couturier accompagne les malades de tous types de cancers pour maintenir leur condition physique, comme le rapporte Le Dauphiné Libéré.
L’institutionnalisation de cette pratique s’accélère mondialement. La création de The International Society of Exercise Oncology (ISEO) en 2024 marque une étape clé vers un avenir où la prescription d’activité physique sera intégrée au plan de traitement, au même titre que la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie.
Pour les adultes en bonne santé, les recommandations restent strictes : au moins 150 minutes d’exercice d’intensité modérée (marche rapide, yoga, jardinage) ou 75 minutes d’intensité soutenue (jogging, natation, cyclisme) par semaine. Toutefois, même des actions simples comme monter les escaliers ou marcher après les repas apportent un bénéfice concret.
L’activité physique est un complément aux traitements médicaux. Consultez toujours votre professionnel de santé avant d’entreprendre un nouveau programme d’exercice, particulièrement en cours de traitement oncologique.
Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.