Publié le 9 décembre 2025 18:21:00. Des télescopes spatiaux ont capté un événement exceptionnel : un trou noir supermassif, situé à 130 millions d’années-lumière de la Terre, a éjecté des vents de matière à une vitesse record, offrant aux scientifiques une opportunité unique d’étudier ces phénomènes cosmiques.
- Les télescopes XMM-Newton (Agence spatiale européenne) et XRISM (Agence japonaise d’exploration aérospatiale) ont détecté cette éjection de matière.
- Les vents expulsés atteignent une vitesse de 60 000 kilomètres par seconde (environ 216 millions de kilomètres par heure).
- Cette observation pourrait aider à mieux comprendre l’évolution des galaxies et le rôle des trous noirs supermassifs dans l’univers.
Un trou noir supermassif, dont la masse équivaut à 30 millions de fois celle du Soleil, a généré un phénomène inédit observé par les télescopes spatiaux XMM-Newton et XRISM. L’étude, publiée dans la revue Astronomie et astrophysique, détaille l’émission de vents extrêmement rapides provenant de cet objet situé au cœur de la galaxie spirale NGC 3783.
En quelques heures, le trou noir a expulsé des matériaux dans l’espace à une vitesse stupéfiante de 60 000 kilomètres par seconde. « Nous n’avons jamais observé auparavant un trou noir générer des vents aussi rapidement », explique Liyi Gu dans un communiqué de l’ESA. « Pour la première fois, nous avons vu comment une explosion rapide de rayons X provenant d’un trou noir déclenche immédiatement des vents ultra-rapides, qui se forment en une seule journée. »
Les trous noirs sont réputés pour leur force gravitationnelle immense, capable d’aspirer toute matière, y compris la lumière. L’objet étudié est alimenté par un Noyau Galactique Actif (AGN), une région extrêmement lumineuse au centre de NGC 3783, qui émet de puissants jets et vents dans l’espace. Les AGN sont des zones d’intense activité et des cibles privilégiées pour les télescopes XMM-Newton et XRISM, comme le souligne Matteo Guainazzi, co-auteur de la recherche.
Ces vents de trous noirs présentent des similitudes avec les éruptions solaires, également appelées éjections de masse coronale, qui se produisent lorsque le Soleil libère des flux de matière surchauffée. Cette observation suggère que les trous noirs supermassifs pourraient parfois se comporter de manière similaire à notre Soleil, les rendant moins énigmatiques, selon les auteurs de l’étude.
« Les vents entourant ce trou noir semblent avoir été créés lorsque le champ magnétique enchevêtré de l’AGN s’est soudainement “démêlé”, un processus comparable aux éruptions solaires, mais à une échelle presque inimaginable », ajoute Guainazzi.
Camille Diez, également co-auteur de la recherche, estime que les AGN venteux jouent un rôle crucial dans l’évolution des galaxies hôtes et dans la formation de nouvelles étoiles. « En raison de leur grande influence, approfondir nos connaissances sur le magnétisme des AGN et sur la manière dont ils génèrent des vents comme ceux-ci est essentiel pour comprendre l’histoire des galaxies dans tout l’univers », précise-t-elle.
Le télescope XMM-Newton explore l’univers « chaud et extrême » depuis plus de 25 ans, tandis que XRISM, lancé en 2023, s’attache à répondre à des questions fondamentales sur le mouvement de la matière et de l’énergie dans le cosmos.
Rédaction : Jose Urrejola, avec des informations de l’ESA, de l’EFE, d’Astronomie & Astrophysique et de Science Alert
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