Publié le 22 novembre 2025 16:51:00. Une étude récente démontre que l’hypnose auto-administrée peut réduire significativement la fréquence et l’intensité des bouffées de chaleur chez les femmes ménopausées, offrant une alternative non hormonale prometteuse aux traitements existants.
- Un essai contrôlé randomisé a révélé que l’hypnose auto-administrée diminue considérablement les bouffées de chaleur par rapport à un groupe témoin utilisant du bruit blanc.
- Les participantes ayant pratiqué l’hypnose ont constaté une réduction de 53,4 % des scores de bouffées de chaleur après six semaines, et de 60,9 % après douze semaines.
- L’hypnose s’avère être une option thérapeutique sûre, avec seulement des effets secondaires légers signalés dans les deux groupes.
Les bouffées de chaleur, un symptôme fréquent de la ménopause, touchent jusqu’à 80 % des femmes et peuvent perturber considérablement leur qualité de vie. L’hypnose clinique est déjà reconnue comme une approche non médicamenteuse pour soulager divers troubles, notamment le syndrome de l’intestin irritable et la douleur chronique. Cependant, jusqu’à présent, peu de recherches avaient exploré l’efficacité de l’hypnose auto-administrée spécifiquement pour les bouffées de chaleur.
L’étude, dont les résultats ont été publiés dans JAMA Network Open, a recruté des participantes entre le 4 mars 2019 et le 6 février 2024. Les femmes incluses devaient déclarer au moins quatre bouffées de chaleur par jour, ou 28 par semaine, au début de l’étude. Celles qui suivaient déjà une hypnose, étaient sous traitement pour des symptômes vasomoteurs, ou souffraient d’un cancer du sein avancé ou de troubles psychologiques graves ont été exclues.
Les participantes ont été réparties aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant des séances d’hypnose auto-administrée et un groupe témoin utilisant du bruit blanc. Le groupe hypnose a reçu des supports pédagogiques et écoutait quotidiennement, pendant six semaines, des enregistrements audio de séances d’hypnose d’une durée de 20 minutes. Le groupe témoin a reçu des supports similaires, mais les enregistrements contenaient du bruit blanc présenté comme de l’hypnose.
Les séances d’hypnose comprenaient des techniques d’induction de relaxation et d’imagerie mentale axées sur la sensation de fraîcheur. Les participantes ont tenu un journal quotidien pour enregistrer la fréquence et l’intensité de leurs bouffées de chaleur, en les classant selon leur gravité (légère, modérée, sévère, très sévère). L’impact des bouffées de chaleur sur les activités quotidiennes a également été évalué à l’aide d’une échelle spécifique (HFRDIS – Hot Flash Related Daily Interference Scale), et la perception du bénéfice a été mesurée sur une échelle de 7 points.
L’analyse finale a porté sur 250 participantes, d’un âge moyen de 55,9 ans, avec une diversité ethnique reflétant la population : 2,8 % étaient asiatiques, 15,7 % noires, 6 % hispaniques, 0,4 % insulaires du Pacifique, 75,1 % blanches et 5,2 % d’autres origines. Des effets indésirables légers ont été signalés dans 3,2 % du groupe hypnose et 4 % du groupe témoin.
Les résultats ont démontré une réduction significativement plus importante des scores de bouffées de chaleur dans le groupe hypnose. Les scores moyens ont évolué de 88,7 au départ à 41,3 après six semaines, puis à 34,7 après douze semaines dans le groupe hypnose, contre 94,7, 55,9 et 52,8 respectivement dans le groupe témoin. Cela correspond à une réduction de 53,4 % à six semaines et de 60,9 % à douze semaines dans le groupe hypnose, par rapport à 40,9 % et 44,2 % dans le groupe témoin.
Les améliorations ont été particulièrement notables pour les bouffées de chaleur modérées, avec une diminution plus importante dans le groupe hypnose. De plus, les scores HFRDIS ont également montré une réduction plus marquée dans le groupe hypnose, indiquant une amélioration de la qualité de vie et une diminution des interférences dans les activités quotidiennes.
« Ces résultats démontrent que la prestation à distance d’une intervention d’hypnose pour les bouffées de chaleur est une option sûre et efficace pour les femmes qui en souffrent », ont conclu les chercheurs.
Cette étude renforce l’intérêt pour les approches non hormonales dans la prise en charge des symptômes de la ménopause. D’autres options émergent, comme l’élinzanétant, dont le profil de sécurité a été récemment examiné par le Dr James A. Simon lors de la réunion annuelle de la Société de Ménopause. Selon le Dr Simon, l’élinzanétant présente un profil d’innocuité favorable, avec un suivi d’un an ne révélant aucun effet indésirable sur la fonction hépatique et des effets secondaires généralement légers et non liés au médicament.
« Il est important de se rappeler que la prise en charge des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes ne se limite pas à ces symptômes », a souligné le Dr Simon. « Améliorer le sommeil et réduire la gêne dans des situations sociales ou professionnelles peut avoir des retombées positives considérables sur le bien-être général d’une femme. »