Home SantéL’IA nous rend une couche et stupide, provoque le cerveau et la démence

L’IA nous rend une couche et stupide, provoque le cerveau et la démence

by Sophie Martin

Publié le 30 septembre 2024 à 13h08. L’essor de l’intelligence artificielle, conjugué à une utilisation massive des écrans, suscite l’inquiétude d’un neuropsychologue néerlandais quant à ses effets délétères sur le développement cognitif et émotionnel des jeunes générations, et même des adultes.

  • L’attention des enfants et des adolescents est captée par les réseaux sociaux et les jeux en ligne, favorisant un état de « zombie numérique ».
  • Une exposition prolongée aux écrans peut entraîner un affaiblissement des fonctions cognitives, une diminution de l’empathie et une augmentation du stress et de l’anxiété.
  • Des règles simples, comme la règle des 20-20-2, et une activité physique régulière sont essentielles pour contrer ces effets.

L’utilisation excessive des écrans, déjà préoccupante avec l’avènement des smartphones et des réseaux sociaux, pourrait s’aggraver avec le développement de l’intelligence artificielle (IA), alerte Erik Scherder, professeur de neuropsychologie clinique à l’Université Vrije (VU) d’Amsterdam. Selon lui, nous passons désormais des heures devant nos écrans, un comportement qu’il juge « vraiment néfaste ».

Le professeur Scherder explique que l’attention des jeunes est particulièrement vulnérable. Les plateformes comme TikTok et Snapchat, ainsi que les jeux en ligne, utilisent des techniques de « gamification » pour maintenir l’engagement. Près de 70 % du contenu auquel ils sont exposés est désormais créé à l’aide de l’IA, créant un cercle vicieux où ils sont de plus en plus « aspirés » par l’écran, au détriment de leur activité physique et mentale.

Le fonctionnement des smartphones est également pointé du doigt. Chaque notification, chaque vidéo courte sur TikTok ou YouTube, procure une récompense immédiate au cerveau, maintenant l’attention pendant une trentaine de secondes avant de passer à la suivante. Ce flux constant de stimuli est addictif et ne demande que peu d’effort cognitif.

« Quiconque accroche trop derrière un écran devient sombre, plus anxieux et impulsif. »

Erik Scherder, professeur à la VU

Les conséquences de ce comportement sont graves, selon le professeur Scherder. Il parle de « pourriture du cerveau » (brainrot), caractérisée par un sentiment d’engourdissement, un manque de motivation, du stress, de l’anxiété et un sentiment de vide. Le développement du langage, de l’empathie et de la motivation est également affecté. Il va jusqu’à évoquer une « démence numérique », avec des symptômes similaires à ceux de la démence chez les personnes âgées.

Pour lutter contre ce phénomène, le professeur Scherder préconise des mesures simples, notamment la règle des 20-20-2 pour les enfants : après 20 minutes devant un écran, regarder pendant 20 secondes un objet situé à 6 mètres (20 pieds) de distance, puis passer 2 heures à jouer à l’extérieur. Pour les adultes, il suggère de se lancer des défis intellectuels, en tirant parti des outils d’IA, mais sans se laisser submerger.

Il souligne que l’IA, en effectuant le travail intellectuel à notre place, peut entraîner une « sous-utilisation » du cerveau. Les réseaux neuronaux, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation des émotions, s’affaiblissent, ce qui rend plus difficile le contrôle de nos sentiments.

Le professeur Scherder met en garde contre le risque de voir nos capacités intellectuelles diminuer avec le temps. « Ce que vous n’utilisez pas disparaît », affirme-t-il, soulignant que certaines connexions neuronales peuvent se perdre si elles ne sont pas sollicitées. Il rappelle que l’activité physique et cognitive sont étroitement liées : l’exercice améliore la circulation sanguine vers le cerveau et stimule la production de neurotrophines, des nutriments essentiels pour les neurotransmetteurs.

« Après une journée de dur labeur, les parents sont déjà heureux que les enfants soient doux avec un iPad. »

Erik Scherder, professeur à la VU

Il déplore que la société moderne favorise la paresse et la facilité. « La version actuelle de Homo Sapiens déplace principalement le bout des doigts », constate-t-il, en référence à l’utilisation intensive des écrans tactiles. Il encourage à retrouver des activités plus physiques, comme faire du vélo, jardiner ou passer l’aspirateur.

Enfin, le professeur Scherder insiste sur l’importance de la lecture et de la stimulation intellectuelle. Il invite les parents à encourager leurs enfants à lire et à se challenger mentalement, afin de développer leur « réserve cognitive » et de renforcer leur résilience face aux défis futurs. Il mentionne également le défi des trente jours lancé par la Brain Foundation, du 1er au 30 octobre, pour encourager les gens à se mettre au défi physiquement et mentalement.

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