Publié le 29 septembre 2025 20:22:00. Un indice de masse corporelle (IMC) trop élevé ou trop faible, chez l’homme comme chez la femme, peut considérablement compliquer la conception et augmenter le risque de fausse couche, selon une étude récente menée à Rotterdam.
- Un IMC en dehors des normes est associé à un allongement du temps nécessaire pour tomber enceinte.
- Les femmes en surpoids ou obèses présentent un risque accru de fausse couche.
- L’étude souligne l’importance d’optimiser l’IMC avant même le début d’une tentative de grossesse, pour les deux partenaires.
Une nouvelle étude publiée dans JAMA Network Open1 met en lumière l’influence significative de l’IMC, tant chez les femmes que chez les hommes, sur la fertilité et le déroulement de la grossesse. Si l’on sait depuis longtemps que l’obésité maternelle est un facteur de risque pour diverses complications, cette recherche révèle que des IMC situés aux deux extrémités du spectre – insuffisance pondérale et obésité – peuvent affecter les chances de conception et augmenter le risque de perdre l’enfant.
Les chercheurs ont analysé les données de couples résidant à Rotterdam, aux Pays-Bas, qui tentaient de concevoir ou étaient déjà enceintes entre août 2017 et juillet 2021. Ils ont mesuré la taille et le poids des participants afin de calculer leur IMC, en utilisant des questionnaires pour estimer le poids des femmes avant leur grossesse. L’IMC est défini comme suit : moins de 18,5 indique une insuffisance pondérale, entre 18,5 et 24,9 un poids normal, entre 25 et 29,9 un surpoids, et 30 ou plus une obésité.
L’étude a révélé une diminution de la fécondabilité – la probabilité de concevoir en un cycle de 28 jours – à mesure que l’IMC augmentait, tant chez les femmes que chez les hommes. Plus précisément, les femmes en surpoids avaient une fécondabilité réduite de 12% (rapport de fécondabilité de 0,88) par rapport aux femmes ayant un poids normal, tandis que celles obèses voyaient leur fécondabilité diminuer de 28% (rapport de fécondabilité de 0,72). Chez les hommes, le surpoids et l’obésité étaient également associés à une fécondabilité réduite, avec un rapport de fécondabilité de 0,89.
Les résultats indiquent également que les femmes en insuffisance pondérale, en surpoids et obèses avaient respectivement 88%, 35% et 67% plus de chances de rencontrer des difficultés pour concevoir (sous-fertilité) par rapport aux femmes ayant un poids normal. De plus, les femmes en surpoids présentaient un risque de fausse couche accru de 43% par rapport aux femmes ayant un poids normal.
« L’optimisation de l’IMC, tant chez les femmes que chez les hommes, dès la période de préconception pourrait être une stratégie importante pour améliorer les résultats en matière de fertilité et de grossesse », ont conclu les chercheurs. Ils soulignent la nécessité de développer des stratégies de santé publique ciblées pour encourager un IMC sain avant même le début d’une tentative de conception.
Références
- Boxem AJ, Blaauwendraad SM, Mulders AGMGJ, et al. Preconception and early pregnancy body mass index in women and men, time to pregnancy and risk of miscarriage. JAMA NETWORK OPEN. 2024;7(9):E2436157. Doi: 10.1001/jamanetworkopen.2024.36157
- Magnus MC, Hockey RL, Håberg SE, Mishra GD. Preconception lifestyle characteristics and miscarriage risk: the Australian Longitudinal Study of Women’s Health. BMC Pregnancy and Childbirth. 2022;22(1):169. Doi: 10.1186/s12884-022-0482-9
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