Home AffairesL’impact qu’auront sur le marché les voitures arrivées à bord du navire chinois : le prix du 0 km va-t-il baisser ?

L’impact qu’auront sur le marché les voitures arrivées à bord du navire chinois : le prix du 0 km va-t-il baisser ?

by Amélie Bernard

Publié le 16 janvier 2026 à 05h30. L’Argentine voit son marché automobile profondément transformé par l’arrivée massive de véhicules chinois, notamment électriques et hybrides, favorisée par une politique gouvernementale incitative et des accords commerciaux spécifiques.

  • Les ventes de voitures neuves en Argentine ont bondi de près de 50 % en 2025 par rapport à l’année précédente.
  • La part des véhicules importés est passée de 30 % à 60 % du total des immatriculations.
  • Les marques chinoises gagnent du terrain, concurrençant les importations brésiliennes, grâce à des quotas et des avantages tarifaires.

Le paysage automobile argentin est en pleine mutation. Ces deux dernières années ont été marquées par une croissance spectaculaire des ventes de voitures neuves, avec une augmentation de près de 50 % en 2025 par rapport à 2024 et de 30 % par rapport à 2023. Cette dynamique est principalement portée par l’essor des véhicules importés, qui représentent désormais 60 % des immatriculations, contre seulement 30 % auparavant.

Si le Brésil reste le principal fournisseur de véhicules importés en Argentine, en raison des conditions tarifaires préférentielles liées à l’Accord de complémentarité économique (ACE14), les marques chinoises gagnent rapidement du terrain. Elles proposent une gamme de véhicules de plus en plus diversifiée et ne sont devancées en volume que par les importations brésiliennes, qui bénéficient de l’absence de droits de douane.

Cette évolution est le résultat de deux facteurs clés : l’expansion de l’industrie automobile chinoise et la mise en place par le gouvernement argentin d’un quota de 50 000 véhicules hybrides et électriques pouvant être nationalisés sans être soumis aux droits de douane extra-zone de 35 % en vigueur au sein du Mercosur.

L’objectif de cette politique est double : encourager l’électromobilité et faire baisser les prix des voitures neuves. Cependant, l’ACE14 limite la possibilité d’importer un grand nombre d’unités sans payer les droits de douane du Mercosur, sauf s’il s’agit de véhicules dotés de technologies innovantes.

Ainsi, entre 2025 et 2029 inclus, les 250 000 véhicules bénéficiant de cet avantage tarifaire doivent obligatoirement être des modèles hybrides ou électriques dont le prix FOB (hors taxes au port d’embarquement) ne dépasse pas 16 000 dollars américains. Cette restriction a réduit le nombre de soumissionnaires aux appels d’offres, mais a favorisé l’industrie chinoise, dont les exportations sont subventionnées par le gouvernement.

L’impact sur les prix des voitures neuves devrait être limité tant que le volume des importations reste inférieur à 10 % du marché total, en particulier pour les modèles 100 % électriques. En revanche, les hybrides conventionnels, comme ceux proposés par BYD dans sa gamme de SUV, pourraient inciter les constructeurs régionaux à revoir leurs prix à la baisse en 2026.

Dans ce contexte, l’arrivée ce dimanche d’un navire de la flotte BYD en Argentine revêt une importance particulière. Au-delà de l’importation de véhicules chinois, BYD prévoit d’assembler des unités au Brésil, dans l’ancienne usine Ford de Camaçari, dans l’État de Bahia. La production de modèles tels que Dolphin Mini, King et Song Pro y a débuté en octobre dernier, atteignant déjà près de 20 000 unités.

Le navire qui arrive dans le pays a une capacité de transport de jusqu’à 7 000 véhicules et fonctionne à une combinaison de gaz naturel liquéfié et de combustibles fossiles conventionnels, optimisant ainsi l’opération logistique tout en tenant compte des préoccupations environnementales et de l’efficacité.

Au-delà de ses dimensions et de sa capacité à charger et décharger des véhicules par ses propres moyens, le fait que ce navire appartienne directement à un constructeur automobile est significatif. Il témoigne de la manière dont l’industrie automobile chinoise évolue, en ne dépendant plus de tiers pour organiser sa logistique d’expansion internationale.

La flotte du constructeur automobile compte huit navires similaires au Changzhou, capables de transporter jusqu’à 65 000 véhicules simultanément.

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