Home MondeL’impression des journaux diminue, mais les éditeurs trouvent des moyens de s’adapter

L’impression des journaux diminue, mais les éditeurs trouvent des moyens de s’adapter

by Clara Dubois

Face à la baisse continue de la diffusion papier, les imprimeurs de presse à travers le monde explorent de nouvelles stratégies pour assurer leur pérennité, de la sous-traitance à la consolidation en passant par la diversification vers l’impression commerciale. Ces défis ont été au cœur du Sommet mondial des imprimeurs, qui s’est tenu à Munich.

La diminution du nombre d’exemplaires imprimés est un défi majeur, notamment aux Pays-Bas, selon Dick Ranzijn, PDG du groupe Rodi. « La baisse des tirages est gérable pour l’instant, mais nous constatons des réductions partout, même chez nos plus gros clients », a-t-il déclaré. Outre cette baisse, les imprimeurs doivent composer avec la hausse des coûts de distribution, les pressions sur la main-d’œuvre et les nouvelles réglementations environnementales, comme le règlement européen sur la déforestation.

Pour faire face à ces difficultés, le groupe Rodi, qui imprime notamment le Financial Times et le Dutch Times, a investi dans des améliorations postpresse, notamment un nouveau relieur, et explore de nouveaux formats d’impression. Parallèlement, sa société de distribution livre 1,5 million de journaux par semaine dans le nord-ouest des Pays-Bas.

La diversification vers l’impression commerciale apparaît comme une solution, mais cette activité est en déclin, notamment en raison de la demande réduite et de la hausse des coûts. Au Danemark, ce marché a presque disparu. Erritsø Tryk, filiale de JP/Politikens Hus, qui produisait autrefois 60 % de tous les journaux danois, s’est ainsi recentrée sur l’efficacité opérationnelle et la gestion sélective de ses capacités.

« Nous avons fermé deux grandes imprimeries et supprimé 10 tours double-largeur, quatre plieuses et deux installations de post-presse », a expliqué Flemming Heding Pedersen, directeur de l’exploitation et directeur de la production chez Erritsø Tryk. « Notre objectif est désormais de faire fonctionner nos deux usines restantes le plus longtemps possible. »

Au Canada, la tendance est déjà à la sous-traitance. Sally Pirri, présidente des opérations d’impression au Globe and Mail, a précisé que les cinq sites d’impression du quotidien national ont été externalisés. « Nous collaborons avec le plus grand imprimeur du Canada », a-t-elle déclaré lors d’une table ronde. Cette pratique, courante chez les quotidiens canadiens, vise à réduire les coûts et à limiter la concurrence en matière d’infrastructure.

La question d’une consolidation plus poussée du secteur a été soulevée. « Il est trop tôt pour une consolidation complète, mais comme les grands journaux continuent de perdre des abonnés, l’impression partagée pourrait devenir nécessaire », a estimé Dick Ranzijn. Flemming Heding Pedersen a renchéri : « Un jour, cela arrivera. Le défi est de le gérer de manière stratégique en maintenant l’efficacité de la production et les coûts sous contrôle. »

Face aux pénuries de pièces de rechange, Erritsø Tryk a mis en place un système d’inventaire pour classer les composants en fonction de leur réparabilité, de leur possibilité de modernisation ou de récupération. Rodi Group, quant à lui, s’appuie sur des relations solides avec ses fournisseurs.

Malgré ces mutations, les dirigeants du secteur restent optimistes quant à l’avenir de l’impression. « Nous prévoyons d’imprimer pendant au moins les 5 à 10 prochaines années », a affirmé Dick Ranzijn, « mais le numérique jouera un rôle de plus en plus important. »

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