Publié le 30 octobre 2025 08h30. Une opération douanière d’envergure, coordonnée par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et impliquant 40 pays d’Asie et d’Europe, a permis de saisir près de 150 millions de cigarettes illicites, plus de 3 000 tonnes de déchets dangereux et d’importantes quantités de précurseurs de drogues et de pesticides.
- L’opération NOXIA II a abouti à la saisie de 149,5 millions de cigarettes, plus de 3 000 tonnes de déchets illicites, 66,5 kg de pseudoéphédrine, 52 tonnes de pesticides solides et 21 000 litres de pesticides liquides.
- Les enquêtes ont révélé des réseaux de contrebande sophistiqués utilisant des conteneurs maritimes, des navires « fantômes », le fret aérien et le commerce en ligne.
- L’opération vise à renforcer la coopération entre les douanes asiatiques et européennes pour lutter contre le trafic illicite mondial et partager des informations en temps réel.
L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a mené cette opération douanière conjointe à grande échelle dans le cadre de la réunion Asie-Europe (ASEM), avec le soutien de l’Organisation mondiale des douanes (OMD). NOXIA II s’inscrit dans la continuité de la première opération NOXIA, menée au printemps 2023, et vise à perturber les flux de marchandises illégales entre les deux continents.
L’objectif principal de NOXIA II était de faciliter l’échange d’informations en temps réel sur les expéditions suspectes et de permettre aux autorités douanières participantes de les surveiller simultanément en Asie et en Europe. Cette collaboration a permis de détecter et de saisir des marchandises illicites, mais aussi d’échanger des connaissances sur les systèmes de fraude, les itinéraires utilisés et les nouvelles tendances émergentes.
Dix-sept pays de la région Asie-Pacifique ont participé à l’opération : l’Australie, le Bangladesh, le Cambodge, la République populaire de Chine (continentale et Région administrative spéciale de Hong Kong), l’Inde, le Kazakhstan, la République démocratique populaire lao, la Malaisie, la Mongolie, le Myanmar, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, les Philippines, la République de Corée, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. Vingt-deux États membres de l’Union européenne ont également pris part : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie, ainsi que le Royaume-Uni.
Concernant la contrebande de cigarettes, l’opération a mis en évidence l’utilisation de routes complexes pour acheminer ces produits vers l’Asie-Pacifique et l’Europe. Les conteneurs maritimes restent la principale voie d’acheminement, en raison du faible risque encouru par rapport aux profits considérables générés par ce trafic. D’autres méthodes, telles que l’utilisation de navires non identifiés, le fret aérien, le commerce électronique et les envois postaux, ont également été détectées. Plus de 105 tonnes de tabac, plus de 223 000 cigarettes électroniques et 114 litres de liquides pour cigarettes électroniques ont été interceptés.
L’opération a également permis de saisir plus de 3 000 tonnes de déchets illicites en provenance d’Europe à destination de l’Asie. Ces déchets étaient souvent faussement déclarés comme des matériaux « en fin de vie » destinés à être traités et réutilisés, ou comme directement utilisables dans les processus de production. Or, une grande partie de ces matériaux n’était ni traitée, ni recyclable, et certains étaient même contaminés, présentant des risques importants pour l’environnement et la santé publique. Les déchets saisis comprenaient des déchets électroniques, des déchets textiles et papiers, des déchets plastiques, des épaves de voitures, des cartouches d’encre et des pneus usagés.
En matière de pesticides, les saisies ont principalement concerné des fongicides contenant de la carbendazime, une substance interdite dans l’UE en raison de sa toxicité pour la reproduction, ainsi que des produits phytopharmaceutiques contenant du cyanamide, interdit en raison de ses effets nocifs sur la santé humaine, notamment pour les travailleurs agricoles. Par ailleurs, 5 000 leurres destinés à lutter contre les insectes nuisibles ont également été interceptés.
L’opération a également ciblé les précurseurs de drogues, des substances à double usage souvent introduites clandestinement dans l’UE pour la production de drogues synthétiques. Une quantité importante de pseudoéphédrine, un décongestionnant nasal réglementé car utilisé dans la fabrication de méthamphétamine, a été saisie.
« L’opération NOXIA II est un excellent exemple de ce que nous pouvons accomplir grâce à une action internationale coordonnée. Nous avons intercepté des quantités importantes de marchandises dangereuses et illégales avant qu’elles ne puissent atteindre les consommateurs en Europe et en Asie. Cela est dû à la coopération étroite entre les autorités douanières d’Asie et d’Europe et au rôle de coordination de l’OLAF dans la fourniture et le partage de renseignements et d’expertise. Ces résultats montrent clairement que les efforts conjoints ont un impact réel. »
Salla Saastamoinen, directrice générale par intérim de l’OLAF
L’OLAF souligne que la conclusion de l’opération ne marque pas la fin des efforts. L’un des principaux objectifs est d’établir un échange continu d’informations au sein d’un réseau d’enquêteurs experts, coordonné par l’OLAF.
Pour plus d’informations, consultez le site web de l’OLAF : https://anti-fraud.ec.europa.eu/
