L’or maintient son niveau élevé, flirtant avec les 4 192 dollars l’once (environ 3 860 euros), alors que les marchés anticipent un ralentissement de sa progression à partir de 2026. Cette performance s’explique par un rôle croissant de valeur refuge face aux incertitudes économiques et à l’endettement mondial.
Les analystes de State Street prévoient une période de consolidation pour le métal précieux l’année prochaine, avec des prix oscillant entre 4 000 et 4 500 dollars l’once (environ 3 720 à 4 180 euros). Ils estiment que la forte hausse observée en 2025 – la plus importante depuis 1979 – a déjà intégré une grande partie de la demande structurelle qui a soutenu les prix.
Cette évolution est d’autant plus notable que la reprise actuelle de l’or est moins liée à des stratégies d’investissement à court terme qu’à des facteurs macroéconomiques profonds et persistants. La corrélation élevée entre les marchés boursiers et obligataires continue d’affaiblir les avantages de la diversification traditionnelle des portefeuilles, renforçant ainsi l’attrait de l’or comme couverture contre les risques.
L’augmentation continue de la dette mondiale et les incertitudes concernant l’évolution des taux d’intérêt à long terme ont contribué à la hausse des rendements réels. Cependant, l’or a su résister grâce à l’élargissement de sa base d’acheteurs, incluant désormais les institutions financières, les banques centrales et les investisseurs particuliers. Un assouplissement monétaire d’ici 2026 pourrait même renforcer cette dynamique en injectant de la liquidité sur les marchés.
Le prix actuel, proche de 4 200 dollars l’once (environ 3 900 euros), reflète un marché qui ne réagit plus uniquement aux tensions géopolitiques ou aux ajustements tactiques des investisseurs. L’or est désormais perçu comme une protection macroéconomique contre le resserrement des conditions financières et la hausse des primes de terme.
Selon State Street, cette fourchette de consolidation est cohérente avec un marché qui a déjà intégré une demande structurelle plus élevée, mais qui reste sensible aux fluctuations des rendements réels et à l’évolution du dollar américain. Un dollar plus faible pourrait soutenir la limite supérieure de 4 500 dollars l’once, tandis qu’une hausse inattendue des rendements à long terme pourrait tester le seuil de 4 000 dollars l’once.
Les prochains éléments à surveiller seront les communications de la Réserve fédérale américaine (Fed), les chiffres de l’inflation aux États-Unis et la dynamique de l’offre de bons du Trésor. Un ralentissement de l’inflation sous-jacente confirmerait les anticipations d’un assouplissement progressif de la politique monétaire et pourrait pousser l’or vers le haut de sa fourchette prévue. À l’inverse, une nouvelle augmentation des rendements, motivée par des pressions sur l’offre ou des risques politiques, constituerait un scénario défavorable.
Les achats des banques centrales seront également scrutés, car les interventions massives du secteur officiel ont contribué à stabiliser les prix pendant les périodes de volatilité macroéconomique. Les investisseurs doivent considérer la situation actuelle comme une transition d’une tendance explosive vers un commerce plus mesuré et axé sur les corrélations. Bien que l’or ne puisse pas reproduire la performance spectaculaire de 2025, son rôle de protection contre l’incertitude politique et l’endettement croissant demeure essentiel. Une approche disciplinée, combinée à une surveillance attentive de l’évolution des rendements réels, est la stratégie la plus appropriée à ce stade.
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