Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une nouvelle étude remet en question les idées reçues sur la maladie de Parkinson, suggérant qu’un déficit en fer dans le cerveau, plutôt qu’un excès, pourrait être un facteur clé dans son développement.
- Des recherches récentes indiquent que la maladie de Parkinson pourrait être liée à une carence en fer fonctionnel dans les neurones dopaminergiques.
- Des essais cliniques avec un chélateur du fer ont montré une aggravation des symptômes chez les patients, contredisant l’hypothèse d’une surcharge en fer.
- La distinction entre les différentes formes de fer (ferrique et ferreux) et leur disponibilité cellulaire est cruciale pour comprendre la maladie.
La maladie de Parkinson, une affection neurodégénérative qui affecte les neurones producteurs de dopamine dans une zone spécifique du cerveau appelée substance noire, est un sujet de recherche intense. Bien que ses causes exactes restent inconnues, les scientifiques penchent pour une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux, selon la Fondation Parkinson des États-Unis.
Pendant des années, la communauté scientifique a émis l’hypothèse que la surcharge en fer dans la substance noire était responsable de la neurodégénérescence observée dans la maladie de Parkinson. Cependant, de nouvelles données remettent en question ce paradigme établi.
Des essais cliniques menés avec la défériprone, un chélateur du fer capable de franchir la barrière hémato-encéphalique, ont révélé que l’élimination du fer avait pour effet d’aggraver les symptômes de la maladie de Parkinson, et ce, de manière significative, même chez les patients n’étant pas encore sous traitement médicamenteux. Ces résultats, publiés dans le Journal of Clinical Investigation par Ian Peikon, biologiste moléculaire et ingénieur, et Nancy C. Andrews, biologiste et médecin, bouleversent les conceptions antérieures.
Cette découverte suggère un mécanisme alternatif : un déficit fonctionnel en fer dans les neurones dopaminergiques. Selon les chercheurs, même si la quantité totale de fer dans le cerveau est normale ou élevée, la forme de fer essentielle aux processus enzymatiques, le fer ferreux (Fe²⁺), pourrait être diminuée en raison d’une séquestration cellulaire.
Le fer stocké (Fe³⁺) est abondant, mais la fraction utilisable, le fer ferreux, est rare, selon les scientifiques. Cette situation rappelle celle observée dans les maladies inflammatoires chroniques, caractérisées par une anémie et des altérations de la disponibilité intracellulaire du fer malgré des réserves corporelles normales, comme le soulignent les auteurs.
Des études antérieures avaient déjà identifié qu’une supplémentation modérée en fer pouvait améliorer les symptômes de la maladie de Parkinson, ce qui renforce l’idée du rôle crucial de cet élément dans la synthèse de dopamine, grâce à l’enzyme tyrosine hydroxylase, dépendante du fer, comme l’indiquent Peikon et Andrews.
Ils concluent que « ces observations indiquent la possibilité d’un bénéfice clinique lié à la restauration de la biodisponibilité du fer et les inconvénients de sa limitation dans la maladie de Parkinson. Les données suggèrent que la carence fonctionnelle en fer pourrait être un mécanisme clé dans la maladie de Parkinson et nous soutenons que le développement de ce concept pourrait conduire à de nouvelles pistes thérapeutiques ».
Les chercheurs soulignent que la distinction entre les formes de fer est cruciale. Le fer ferrique (Fe³⁺) est la forme inerte du fer, stockée dans la ferritine et transportée par la transferrine. Le fer ferreux (Fe²⁺), en revanche, est celui dont la cellule a réellement besoin pour que les mitochondries fonctionnent et que les réactions enzymatiques essentielles se déroulent.
Les tests d’imagerie basés sur l’IRM ou la tache de Perles ne peuvent détecter que le fer Fe³⁺. Par conséquent, la détection d’une grande quantité de Fe³⁺ ne signifie pas nécessairement qu’il y a un excès de fer utile, mais peut plutôt indiquer des problèmes dans la façon dont la cellule l’utilise. Des phénomènes tels que l’inflammation chronique ou des modifications des lysosomes peuvent entraîner une accumulation de fer dans des zones où il ne peut pas être utilisé, créant ainsi une situation où, même s’il semble y avoir un excès de fer, la cellule en a toujours besoin de plus.
Des études ont montré que la suppression du récepteur de la transferrine – essentiel à l’entrée du fer par la transferrine – provoque une perte de neurones dopaminergiques et des altérations comportementales compatibles avec un parkinsonisme chez la souris. Expériences menées sur des souris ont démontré que la suppression du récepteur de la transferrine, essentiel à l’entrée du fer par la transferrine, provoque une perte de neurones dopaminergiques et des altérations comportementales compatibles avec un parkinsonisme murin.
Ces résultats incitent à un examen approfondi des approches thérapeutiques. La preuve, selon les auteurs, relate l’anémie systémique et le don de sang récent avec un risque accru de développer la maladie de Parkinson. Par ailleurs, l’administration de fer améliore les symptômes du syndrome des jambes sans repos et de la maladie de Parkinson elle-même, tandis que son élimination par chélation a été nocive, en particulier dans les phases initiales, avant le début du traitement pharmacologique substitutif.
Pour aller plus loin
