Publié le 24 octobre 2025 10h30. Les poursuites judiciaires abusives, connues sous le nom de SLAPP (Strategic Lawsuits Against Public Participation), représentent une menace croissante pour la liberté de la presse en Europe, visant à intimider et à faire taire les journalistes qui osent enquêter sur des sujets sensibles.
- Les SLAPP sont des actions en justice sans fondement, utilisées pour décourager la couverture médiatique indépendante.
- L’objectif principal de ces poursuites n’est pas d’obtenir réparation pour un préjudice réel, mais d’épuiser financièrement et moralement les journalistes.
- Ce phénomène est en expansion et constitue un obstacle majeur à la mission d’information et de contrôle du pouvoir exercée par les médias.
Les SLAPP, acronyme de Strategic Lawsuits Against Public Participation (poursuites stratégiques contre la participation publique), sont de plus en plus utilisées pour museler les voix critiques, notamment celles des journalistes. Flutura Kusari, conseillère juridique principale au Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF), alerte sur cette tendance inquiétante.
Lors du Sommet de réponse rapide pour la liberté des médias 2025, qui s’est tenu à Bruxelles la semaine dernière, Mme Kusari a expliqué que ces affaires sont avant tout des tentatives d’intimidation.
« Les SLAPP sont des allégations sans fondement, généralement sous la forme de poursuites intentées contre des journalistes dans le seul but de les intimider. Il ne s’agit pas de cas où quelqu’un se sent réellement lésé et veut exercer ses droits légaux. »
Flutura Kusari, conseillère juridique principale au Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF)
Le but de ces procédures n’est pas de gagner en justice, mais de contraindre les journalistes à engager des frais juridiques importants et à consacrer un temps considérable à leur défense, les détournant ainsi de leur travail d’information.
« Ils ne peuvent pas être gagnés devant les tribunaux ; le seul but est d’entraîner les journalistes dans de longues procédures, de leur faire dépenser de l’argent en frais juridiques et, en fin de compte, de les éloigner de ce qu’ils sont censés faire : le journalisme. »
Flutura Kusari, conseillère juridique principale au Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF)
Ce phénomène pose un problème majeur pour la démocratie et la liberté d’expression, car il entrave la capacité des médias à exercer leur rôle de contre-pouvoir et à informer le public.
