Home NouvellesL’UE observe avec intérêt la direction que prendront les Pays-Bas : d’autres pays suivront-ils ?

L’UE observe avec intérêt la direction que prendront les Pays-Bas : d’autres pays suivront-ils ?

by Nicolas Lefèvre

Publié le 31 octobre 2025 à 06h52. Les résultats incertains des élections néerlandaises suscitent l’attention à Bruxelles, où la Commission européenne évalue l’impact potentiel des différents scénarios de coalition sur l’orientation future des Pays-Bas vis-à-vis de l’Union européenne.

  • La Commission européenne suit de près les résultats des élections aux Pays-Bas et a déjà reçu une première analyse.
  • La montée des partis de droite radicale, notamment le PVV, est perçue comme un signal d’alarme en Europe.
  • L’influence des Pays-Bas au sein de l’UE pourrait être renforcée si un gouvernement pro-européen se met en place, mené par Rob Jetten (D66).

Bruxelles attend de voir quelle coalition se formera aux Pays-Bas avant de prendre position officiellement. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été émise, compte tenu de l’incertitude persistante quant aux résultats définitifs. Un rapport préliminaire a toutefois été transmis à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, hier, afin d’évaluer les implications potentielles des différents scénarios.

Les Pays-Bas sont souvent considérés comme un baromètre de l’opinion publique européenne, notamment en ce qui concerne la montée des mouvements d’extrême droite. La victoire du Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders aux élections de 2023 avait déjà marqué les esprits et avait conduit les Pays-Bas à adopter une position plus distante à Bruxelles. La participation du PVV à un futur gouvernement, avec sa ligne critique à l’égard de l’UE, pourrait maintenir cette tendance.

L’analyse de la Commission européenne prendra en compte la composition du futur gouvernement néerlandais. Si les partis D66, VVD et CDA parviennent à former une coalition, les Pays-Bas pourraient retrouver un rôle plus important au sein de l’UE. L’adhésion de GroenLinks-PvdA ou de JA21 à ce bloc pourrait également influencer la direction que prendra le pays.

JA21 s’oppose notamment aux prêts européens communs, comme le montre la motion Eerdmans de mars dernier, qui demandait au gouvernement de ne pas soutenir un projet utilisant des fonds empruntés pour financer les investissements européens dans la défense.

En revanche, la participation de GroenLinks-PvdA aurait un impact significatif sur l’orientation d’un futur gouvernement néerlandais. Ce parti est favorable aux investissements communs dans la défense, à une politique migratoire européenne et à l’élargissement de l’UE, autant de sujets qui nécessiteront des discussions approfondies avec Bruxelles.

Les responsables de la Commission soulignent qu’il sera crucial pour les Pays-Bas de disposer d’un gouvernement stable, dirigé par un Premier ministre issu d’un parti politique clairement identifié, après la période d’intérim avec Dick Schoof, un Premier ministre sans affiliation partisane.

Les ambitions européennes de Jetten

Rob Jetten, leader du D66, “n’a pas hésité à entrer en conflit direct avec le leader du PVV, Geert Wilders”, écrit la chaîne de télévision belge VRT. Son slogan de campagne positif a également été remarqué. Le quotidien britannique The Guardian et le site d’information américain Politico ont souligné cette approche. “C’est possible”, a-t-il affirmé, reprenant l’esprit du slogan “Yes we can” de Barack Obama.

La veille des élections, Jetten a donné un entretien à Politico dans lequel il a clairement exprimé ses ambitions européennes : “Je veux que les Pays-Bas retrouvent un rôle influent en Europe.” Il a plaidé pour que les Pays-Bas cessent d’adopter une attitude systématiquement négative et adoptent une approche plus constructive en matière de coopération européenne.

Pour les libéraux européens, l’arrivée d’un Premier ministre comme Jetten serait une aubaine. La plupart des dirigeants et chefs d’État européens appartiennent actuellement aux partis de centre-droit. Un Premier ministre libéral serait donc le bienvenu, notamment pour renforcer le poids de cette famille politique au sein de l’UE.

Harmoniser les stratégies

Avant les sommets européens, les différents groupes politiques organisent des réunions préparatoires afin d’harmoniser leurs positions. L’ancien Premier ministre néerlandais Rutte, issu du VVD, avait l’habitude de coordonner sa stratégie avec le président français Macron.

L’actuel Premier ministre sortant Schoof, n’étant affilié à aucun parti politique, n’a pas été invité à ces réunions, ce qui a contribué à la diminution de l’influence des Pays-Bas au sein de l’UE, comme le soulignait récemment un article.

Un nouveau gouvernement pourrait rapidement retrouver une grande partie de cette influence perdue. En tant que cinquième économie de l’UE, les Pays-Bas restent un acteur important, et l’expertise de l’administration néerlandaise à Bruxelles est largement reconnue.

Il est encore trop tôt pour prédire avec certitude quelle direction prendront les Pays-Bas à Bruxelles. Cependant, la situation actuelle semble plus favorable à une approche pro-européenne qu’au début du gouvernement sortant, avec la présence de partis eurosceptiques tels que le PVV, le NSC et le BBB.

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