Home NouvellesLuis Hernández, l’ancien président accusé d’avoir transformé le Honduras en un narco-État gracié par Trump | International

Luis Hernández, l’ancien président accusé d’avoir transformé le Honduras en un narco-État gracié par Trump | International

by Nicolas Lefèvre

Publié le 3 décembre 2025 à 14h32. L’ancien président hondurien Luis Orlando Hernández, condamné aux États-Unis pour trafic de drogue à grande échelle, a bénéficié d’un pardon présidentiel inattendu de Donald Trump, ravivant les débats sur la lutte contre le narcotrafic et la corruption en Amérique centrale.

  • L’ancien président hondurien Luis Orlando Hernández a été libéré de prison après avoir reçu la grâce de Donald Trump.
  • Hernández avait été condamné en 2024 à 45 ans de prison pour avoir facilité l’acheminement jusqu’à 500 tonnes de cocaïne vers les États-Unis sur une décennie.
  • Cette grâce intervient alors que les États-Unis déploient une mission anti-drogue dans les Caraïbes, et alors que des enquêtes sur la corruption persistent au Honduras.

La libération de Luis Orlando Hernández, 56 ans, a été annoncée lundi dernier. Il a quitté la prison de Hazelton dans le silence, sa destination actuelle restant inconnue. Condamné en 2024 pour trafic de drogue, Hernández avait été accusé d’avoir orchestré l’acheminement de jusqu’à 500 tonnes de cocaïne vers les États-Unis en près de dix ans, selon les procureurs américains.

Lors du procès, les procureurs ont affirmé que Hernández avait « transformé son pays en un narco-État ». Cette accusation souligne l’ampleur de la corruption et de l’influence des cartels de la drogue au Honduras sous sa présidence.

Le pardon accordé par Donald Trump est d’autant plus surprenant qu’il intervient au moment où les États-Unis intensifient leurs efforts de lutte contre le narcotrafic dans la région des Caraïbes, avec le déploiement de la mission Lance du Sud.

Luis Orlando Hernández a mené une longue carrière politique avant d’accéder à la présidence du Honduras en 2014, où il a été réélu en 2017 dans un contexte électoral contesté, marqué par des accusations de fraude et d’inconstitutionnalité.

Les soupçons à l’encontre de Hernández ont commencé à émerger en 2018, après l’arrestation de son frère, Juan Antonio « Tony » Hernández, à Miami pour ses liens avec des cartels de la drogue. À l’époque, le président Hernández avait nié toute implication, affirmant qu’il n’était l’ami d’aucune de ces personnes.

Ironiquement, les relations entre Hernández et Donald Trump étaient initialement bonnes. La Maison Blanche avait même qualifié le président hondurien d’« allié » dans la lutte contre le trafic de drogue, lui accordant une aide financière pouvant atteindre 50 millions de dollars.

La situation a radicalement changé avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en 2021 et de Xiomara Castro à la présidence du Honduras en 2022. C’est à ce moment-là que Hernández a été arrêté et extradé vers New York, où il a été jugé et condamné.

L’enquête a révélé que Hernández entretenait des liens avec des trafiquants de drogue dès 2004, facilitant le transit de cocaïne du Honduras vers les États-Unis via des gangs colombiens et vénézuéliens. En échange de ces services, il aurait reçu des millions de dollars de la part des chefs de cartels.

Les procureurs ont également allégué qu’Hernández s’était enrichi pendant ses deux mandats présidentiels et avait corrompu des fonctionnaires locaux pour manipuler les élections.

Quelques mois avant d’obtenir la grâce, Hernández avait adressé une lettre à Donald Trump, le qualifiant de « Votre Excellence », une démarche qui pourrait avoir facilité l’obtention du pardon.

Au Honduras, la grâce accordée à Hernández a suscité une vive controverse. Si certains dénoncent cette décision en raison des liens de l’ancien président avec le trafic de drogue, d’autres soulignent sa coopération avec les États-Unis en matière d’extradition de criminels.

Cette affaire intervient en pleine campagne électorale au Honduras, et l’incertitude quant au lieu où se trouve Hernández alimente les tensions politiques.

Malgré la grâce présidentielle aux États-Unis, des enquêtes sur la corruption, le blanchiment d’argent et d’autres accusations potentielles sont toujours en cours au Honduras. Le ministère public a précisé que le pardon américain n’affecte pas les procédures judiciaires en cours dans le pays. Si Hernández devait retourner au Honduras, il pourrait donc être confronté à de nouvelles poursuites.

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