Publié le 2025-11-20 11:12:00. L’Union européenne s’oppose à un plan de paix pour l’Ukraine proposé par les États-Unis, qui impliquerait des concessions territoriales et un désarmement partiel de Kiev, tandis que la Russie intensifie ses bombardements et progresse sur le terrain.
- Les pays européens rejettent un projet de paix américain qui demanderait à l’Ukraine de céder des territoires et de réduire ses forces armées.
- Les États-Unis auraient exhorté le président Zelensky à accepter ce cadre pour mettre fin à la guerre.
- La Russie continue ses frappes sur les villes ukrainiennes, causant des pertes civiles et des dégâts importants.
Une profonde divergence émerge entre les États-Unis et leurs alliés européens concernant la voie à suivre pour mettre fin au conflit en Ukraine. Selon des sources diplomatiques, Washington aurait soumis au président Volodymyr Zelensky un plan de paix exigeant des concessions territoriales significatives et une limitation des capacités militaires ukrainiennes. Ces conditions, perçues par de nombreux alliés de Kiev comme une capitulation, se heurtent à une forte opposition au sein de l’Union européenne.
Lors d’une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont exprimé leur réticence face à un plan de paix américain dont les détails n’ont pas été entièrement divulgués. Ils ont clairement indiqué qu’ils s’opposeraient à toute demande de concessions punitives à l’Ukraine et ont souligné la nécessité de préserver sa capacité à se défendre. La chef de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a insisté sur l’importance d’impliquer les Européens et l’Ukraine elle-même dans tout accord de paix.
« Les Ukrainiens veulent la paix, une paix juste qui respecte la souveraineté de chacun, une paix durable qui ne peut être remise en question par une future agression. Mais la paix ne peut pas être une capitulation. »
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a également souligné qu’en tant que victime de l’agression, l’Ukraine ne devrait pas être contrainte de limiter ses capacités de défense. Helen McEntee, la ministre irlandaise des Affaires étrangères, a ajouté qu’aucun accord de paix ne saurait être imposé à l’Ukraine sans son consentement et celui de l’Union européenne. Déclaration de la ministre McEntee.
Parallèlement, la Russie poursuit ses attaques contre l’Ukraine. Des bombardements nocturnes ont visé des villes et des infrastructures, causant des pertes civiles et des coupures de courant à l’approche de l’hiver. Les autorités ont rapporté que 22 personnes sont toujours portées disparues et 26 ont perdu la vie dans une frappe aérienne dévastatrice qui a détruit un immeuble à Ternopil, dans l’ouest du pays, l’une des attaques les plus meurtrières depuis des mois. (Voir images ci-dessous).


Le Kremlin a déclaré que tout plan de paix devait aborder les causes profondes du conflit, tout en affirmant qu’il n’y a actuellement aucune négociation en cours avec les États-Unis à ce sujet. La Maison Blanche n’a pas souhaité commenter les propositions rapportées.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré sur X que Washington continuerait d’explorer des options pour mettre fin à la guerre, en tenant compte des contributions des deux parties. Déclaration de Marco Rubio sur X. Il a souligné la nécessité de concessions difficiles mais nécessaires pour parvenir à une paix durable.
Une délégation militaire américaine, dirigée par le secrétaire de l’armée Dan Driscoll et le chef d’état-major de l’armée Randy George, est arrivée à Kiev et devrait rencontrer le président Zelensky aujourd’hui. Ils ont déjà rencontré le commandant militaire ukrainien Oleksandr Syrskyi, à qui ils ont exprimé la nécessité de renforcer la défense aérienne ukrainienne, d’étendre sa capacité à frapper en profondeur sur le territoire russe et de stabiliser la ligne de front.
Alors que l’hiver approche, les troupes russes progressent et pourraient bientôt capturer Pokrovsk, un important nœud ferroviaire dans l’est de l’Ukraine. La Russie, qui occupe près d’un cinquième du territoire ukrainien depuis son invasion à grande échelle de 2022, exige des concessions territoriales, une neutralité permanente et une réduction des forces armées ukrainiennes. L’Ukraine rejette ces demandes, les considérant comme une capitulation.
La situation est d’autant plus complexe que le président américain Donald Trump, revenu au pouvoir cette année, a modifié la politique américaine à l’égard de l’Ukraine, passant d’un soutien ferme à une acceptation de certaines justifications russes pour l’invasion. Il a également imposé des sanctions à deux grandes compagnies pétrolières russes, une mesure sans précédent. La date limite pour que les acheteurs étrangers de pétrole russe mettent fin à leurs achats est fixée à demain.
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