Publié le 12 mars 2025 à 18h35. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a sollicité l’aide de Donald Trump, son homologue américain, dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue, lors d’un entretien téléphonique marqué par des divergences sur les méthodes à employer.
- Lula a demandé à Trump une coopération en matière de renseignement pour cibler les criminels brésiliens opérant aux États-Unis, notamment à Miami.
- Le président brésilien privilégie une approche basée sur le renseignement plutôt que sur des interventions militaires, en réaction aux récentes opérations américaines contre les trafiquants de drogue en mer.
- La conversation a également abordé les tensions commerciales entre les deux pays, notamment les droits de douane imposés par Washington sur certaines importations brésiliennes.
Luiz Inácio Lula da Silva a révélé ce mercredi avoir discuté de la lutte contre le crime organisé avec Donald Trump lors d’un appel téléphonique de 40 minutes. Le chef de l’État brésilien a insisté sur la nécessité d’une coordination accrue des services de renseignement avec les pays voisins, et plus particulièrement avec les États-Unis, pour démanteler les réseaux criminels transnationaux.
Lula a souligné l’importance de cibler les individus impliqués dans le trafic de drogue et d’autres activités illégales qui opèrent depuis l’étranger. Il a donné l’exemple du plus grand trafiquant de carburant brésilien, basé à Miami, et a affirmé que la priorité devait être donnée à l’arrestation de criminels brésiliens se trouvant sur le sol américain.
« Par exemple, le plus grand trafiquant de carburant brésilien vit à Miami. Allons-nous lutter contre le trafic de drogue ? J’ai tenu à le dire à Trump : nous allons commencer par arrêter les Brésiliens qui vivent là-bas. »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
L’approche privilégiée par Lula contraste avec les menaces proférées par Donald Trump d’utiliser la force militaire contre les pays qu’il juge responsables du trafic de drogue vers les États-Unis. Lula a clairement exprimé son désaccord avec cette stratégie, plaidant pour une action basée sur le renseignement et la coopération internationale.
« J’ai dit à Trump : nous n’avons pas besoin d’utiliser les armes, nous devons utiliser le renseignement. »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
Cette position intervient alors que Washington a intensifié ses opérations militaires dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique pour intercepter les bateaux impliqués dans le trafic de drogue.
Le Brésil est confronté à une recrudescence du crime organisé, alimentée par la puissance de groupes criminels tels que le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho, qui ont étendu leurs activités à d’autres secteurs de l’économie. Ces organisations sont devenues multinationales, opérant au-delà des frontières brésiliennes.
Outre la question de la sécurité, l’entretien téléphonique entre Lula et Trump a également porté sur les négociations commerciales en cours entre les deux pays. Le Brésil cherche à obtenir la levée des droits de douane spéciaux de 40 % imposés par Washington sur une partie de ses exportations.
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