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Maduro alerte par téléphone Guterres sur “l’escalade des menaces” contre le Venezuela

by Amélie Bernard

Publié le 18 décembre 2025 à 00h39. Le président vénézuélien Nicolás Maduro a alerté l’ONU sur une escalade des menaces américaines, notamment un blocus pétrolier, qu’il considère comme une tentative de changement de régime et une violation de la souveraineté de son pays.

  • Le Venezuela dénonce un blocus américain de tous les pétroliers sanctionnés entrant et sortant du pays.
  • Washington justifie cette action par la lutte contre le narcotrafic, mais Caracas y voit une volonté de renverser le gouvernement Maduro.
  • Le Venezuela a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU.

La tension monte entre les États-Unis et le Venezuela, alors que l’administration Trump intensifie la pression sur Caracas. Nicolás Maduro a eu un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour l’informer de ce qu’il qualifie d’une « escalade des menaces » américaines et de leurs « graves implications pour la paix régionale ».

Selon un communiqué du gouvernement vénézuélien, Maduro a évoqué avec Guterres la récente annonce du président Trump concernant le « blocus total » de tous les pétroliers sanctionnés qui entrent et sortent du Venezuela. Trump avait également affirmé que le Venezuela était « encerclé » par « la plus grande armada jamais rassemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud », promettant une action jusqu’à ce que « le Venezuela restitue tout le pétrole, les terres et autres biens qu’ils ont volés précédemment » aux États-Unis.

Maduro a qualifié ces déclarations d’« expressions de caractère colonial ouvert », critiquant également Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, qui avait affirmé que les États-Unis avaient créé l’industrie pétrolière vénézuélienne et que la nationalisation de 1976 constituait « le plus grand vol » de l’histoire américaine.

« Le président Maduro a souligné que de telles déclarations devaient être catégoriquement rejetées par le système des Nations Unies pour constituer une menace directe à la souveraineté, au droit international et à la paix. »

Communiqué du gouvernement vénézuélien

Le Venezuela dénonce également un « siège politique, diplomatique et économique » ainsi qu’une « intensification d’une campagne de mensonges et de menaces militaires », dans un contexte de déploiement naval américain dans la mer des Caraïbes et de la saisie d’un pétrolier transportant du pétrole brut vénézuélien. Maduro a dénoncé une « diplomatie de la barbarie » qui, selon lui, n’a « aucun rapport avec la coexistence internationale », réaffirmant la volonté de son pays de « défendre une diplomatie digne, le dialogue et la paix ».

António Guterres a réaffirmé son « engagement envers le droit international et les principes de la Charte des Nations Unies », soulignant la nécessité d’« éviter toute escalade ou confrontation » et avertissant qu’un conflit armé dans la région « manquerait de justification et serait stérile », avec de graves conséquences pour la stabilité régionale et la zone de paix d’Amérique latine et des Caraïbes. Le secrétaire général de l’ONU a indiqué qu’il suivrait la situation de près et qu’il saisirait le Conseil de sécurité pour promouvoir la désescalade et privilégier la diplomatie et la résolution pacifique des différends.

Par ailleurs, l’administration Trump aurait sondé les compagnies pétrolières américaines pour savoir si elles seraient prêtes à retourner au Venezuela en cas de départ de Maduro, selon le média spécialisé Politico. Ces contacts auraient été menés par le biais du Département d’État et d’un ancien dirigeant de PDVSA, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne. Les entreprises concernées n’auraient pas manifesté d’enthousiasme, invoquant le bas prix du baril et l’instabilité politique du pays. Trump a également affirmé vouloir récupérer les droits pétroliers des entreprises nord-américaines au Venezuela, rappelant les sanctions imposées à Caracas depuis 2019.

L’industrie pétrolière vénézuélienne a été nationalisée le 1er janvier 1976, sous la première présidence de Carlos Andrés Pérez. Malgré les tensions, la société américaine Chevron continue d’opérer au Venezuela en association avec PDVSA, grâce à une licence du Département du Trésor.

L’administration Trump justifie sa stratégie de pression sur le Venezuela par la lutte contre le narcotrafic, accusant le gouvernement Maduro de diriger un prétendu cartel appelé Los Soles. Trump a menacé de lancer « bientôt » des attaques terrestres contre le trafic de drogue sur le territoire vénézuélien, tandis que Maduro a appelé ses citoyens à rejoindre les milices citoyennes pour défendre le pays.

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