Publié le 7 mars 2019. Si la qualité de l’air à Mantoue s’améliore, notamment en ce qui concerne les particules PM10, les experts soulignent l’importance de surveiller de près les PM2,5, plus dangereuses pour la santé, et de tenir compte de l’influence du changement climatique.
- La concentration de PM10 a diminué ces dernières années, grâce à l’amélioration des véhicules et des combustibles.
- Les PM2,5, plus fines, sont considérées comme un indicateur plus pertinent du risque sanitaire.
- Le changement climatique peut fausser les résultats en influençant les habitudes de chauffage et les conditions météorologiques.
Les chiffres sont encourageants, mais ne doivent pas susciter d’euphorie excessive. La surveillance de la qualité de l’air à Mantoue, effectuée par l’ARPA (Agence Régionale pour la Protection de l’Environnement), révèle une tendance à la baisse de la pollution par les particules PM10. Cette amélioration est attribuée aux progrès technologiques dans le domaine automobile et à l’évolution vers des combustibles moins polluants.
Cependant, Paolo Ricci, ancien responsable de l’Observatoire épidémiologique de l’ATS Val Padana, met en garde contre une interprétation trop optimiste.
« Il faut également tenir compte de l’effet du changement climatique, car la météo influence les niveaux de pollution. Trop d’enthousiasme pourrait s’avérer être un chant du cygne. »
Paolo Ricci, ancien responsable de l’Observatoire épidémiologique ATS Val Padana
Il explique que des automnes et des hivers plus doux réduisent la consommation de chauffage, ce qui peut artificiellement masquer une situation plus préoccupante.
Au-delà de la simple mesure des PM10, M. Ricci insiste sur la nécessité de se concentrer sur les PM2,5 (particules fines de moins de 2,5 micromètres de diamètre). Ces particules, plus insidieuses, pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires et sont directement liées à des problèmes cardiaques, des troubles de la coagulation sanguine, des perturbations métaboliques et des atteintes neurologiques. Elles agissent comme des vecteurs de micropolluants, de métaux lourds, d’hydrocarbures, de dioxines et même de virus, transportant ces substances nocives dans l’organisme.
La législation actuelle, qui se base sur le dépassement d’un seuil de 50 microgrammes par mètre cube (µg/m³) de particules fines, est jugée insuffisante par l’épidémiologiste. Elle ne prend pas en compte la fréquence et l’ampleur des dépassements. Un dépassement de 51 µg/m³ n’a pas le même impact qu’une concentration atteignant 200 µg/m³. De même, une moyenne annuelle inférieure à 40 µg/m³ ne garantit pas une qualité de l’air satisfaisante.
La directive européenne sur la pollution prévoit une réduction de la valeur limite annuelle des PM2,5, passant de 25 à 10 µg/m³ d’ici 2030. Cependant, cette valeur reste le double des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. À Mantoue, la moyenne des PM2,5 entre le 1er janvier et le 8 décembre est de 14,5 µg/m³. Un résultat qualifié de “bien, mais pas génial”.
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