La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu un avis défavorable concernant le remboursement du lécanémab (Leqembi), un nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer débutante. Cette décision, qui fait suite au refus d’un accès anticipé au traitement, soulève des questions sur l’efficacité réelle de cette molécule et son impact sur le système de santé.
Selon la HAS, les bénéfices du Leqembi ne sont « pas suffisants pour justifier une prise en charge par la solidarité nationale ». L’agence estime que l’efficacité du médicament sur les formes initiales de la maladie d’Alzheimer est limitée et n’a pas été prouvée sur le long terme. De plus, les effets indésirables potentiels, tels que les œdèmes et les hémorragies cérébrales, sont considérés comme graves.
La HAS souligne également les contraintes organisationnelles liées à la surveillance médicale nécessaire. L’administration du Leqembi exige des examens génétiques préalables et des IRM régulières pour détecter d’éventuels dommages cérébraux, ce qui représente une charge importante pour le système de santé « dans l’organisation sanitaire actuelle ». En d’autres termes, l’agence considère que le rapport bénéfice-risque ne justifie pas la mobilisation de ressources médicales aussi conséquentes.
Cette décision intervient après une autorisation tardive du Leqembi par l’Agence européenne du médicament (EMA), qui avait initialement refusé de l’autoriser sur le marché européen. La HAS avait déjà bloqué l’accès anticipé au médicament, invoquant les mêmes arguments concernant son efficacité et ses effets secondaires.
D’autres pays européens ont pris des positions divergentes. L’Allemagne et l’Autriche ont, par exemple, décidé de prendre en charge le coût du Leqembi, tandis que le Royaume-Uni a également choisi de ne pas le rembourser. Aux États-Unis, le prix annuel du traitement s’élève à environ 20 000 € (21 700 $).
À ce stade, le gouvernement français devrait suivre l’avis de la HAS et ne pas inclure le Leqembi dans la liste des médicaments remboursables. Cette situation reflète le manque de traitements efficaces contre la maladie d’Alzheimer et l’attente désespérée des patients et de leurs familles. Ceux qui souhaitent malgré tout bénéficier du Leqembi devront assumer l’intégralité des frais.
À lire aussi
