Publié le 14 novembre 2025 à 11h58. Malgré un mandat éprouvant marqué par des crises successives, la majorité des maires français envisagent de se représenter aux élections municipales de 2026, témoignant d’une résilience et d’un attachement à leurs fonctions.
- Près de six maires sur dix (58 %) comptent briguer un nouveau mandat en 2026.
- Les désaccords au sein des conseils municipaux et les incivilités envers les élus restent des facteurs de tension importants.
- L’accès aux soins et la situation des personnes âgées sont perçues comme des priorités par les maires.
Une enquête menée auprès de plus de 3 700 maires par l’Association des maires de France (AMF) et le Cevipof de Sciences Po révèle un dynamisme inattendu chez les édiles. Alors que 49 % d’entre eux exprimaient leur intention de se représenter en 2019, ce chiffre atteint désormais 58 %, malgré un contexte national et international complexe, marqué par la crise sanitaire, la guerre en Ukraine et l’inflation.
« On augmente de presque 10 points, je ne m’attendais pas à ce chiffre », commente Martial Foucault, professeur à Sciences Po et co-auteur de l’étude. « J’ai le sentiment que les maires ont passé le stade des récriminations et que quand vient le temps de l’élection, ils se remobilisent. » Pour lui, il n’y a « pas de crise des vocations », même s’il reconnaît que certaines vocations peuvent être « empêchées ou difficiles à assumer ».
L’étude souligne que plus de 400 maires démissionnent chaque année, un chiffre élevé mais qui n’a jamais atteint des niveaux aussi importants que durant le mandat actuel. Le nombre de démissions de conseillers municipaux, estimé à 1,6 par commune, soit un total de 57 000 depuis 2020, est jugé « peu élevé » par Martial Foucault, qui note toutefois un absentéisme régulier de conseillers dans 60 % des communes interrogées.
Les tensions au sein des conseils municipaux constituent un facteur de crise majeur. Un tiers des maires évoquent des désaccords, qui « fragilisent la cohésion des équipes municipales ». 58 % de ceux qui sont confrontés à une « opposition structurée » estiment que celle-ci a un impact négatif. Lorsque les conseils municipaux sont décrits comme « très pacifiques », 62 % des élus interrogés déclarent vouloir se représenter, contre seulement 46 % dans les cas de conseils jugés « agressifs ». Cependant, seuls 8 % des maires décrivent des séances de conseil « agressives ».
Les raisons du renoncement à un nouveau mandat sont principalement liées à la volonté de retrouver du temps pour la vie personnelle (79 %). L’âge joue également un rôle : 73 % des moins de 35 ans souhaitent repartir, contre seulement 30 % des plus de 75 ans. La satisfaction personnelle et la taille de la commune sont également des facteurs déterminants : les maires de petites communes sont plus susceptibles de renoncer à leur fonction.
En matière de gestion budgétaire, les maires privilégieraient en premier lieu des coupes dans les budgets dédiés à la voirie et aux espaces verts, suivies des aides aux associations et des dépenses culturelles. Les priorités des Français diffèrent, avec une préférence pour la réduction des dépenses liées au sport, puis aux associations et à la culture.
L’accès aux soins est identifié comme un thème de campagne prioritaire, tandis que la problématique des personnes âgées est considérée comme trois fois plus importante dans les très petites communes que dans les communes de taille moyenne.
Près de 9 maires sur 10 (90 %) jugent la situation financière de leur commune « saine », soit une augmentation de 10 points par rapport à 2022, une année marquée par la crise énergétique. « Les maires ont tendance à s’autocongratuler à la veille de l’élection. Les indicateurs sont au rouge en milieu de mandat, et au vert en fin de mandat », observe Martial Foucault.
Les violences à l’encontre des élus, bien qu’ayant connu une forte augmentation au début du mandat, semblent s’être stabilisées. 65 % des maires déclarent avoir été victimes d’incivilités, contre 53 % en 2020. 36 % ont subi des injures et des insultes (+7 points) et 28 % ont été attaqués ou menacés sur les réseaux sociaux (+8 points). Des agressions physiques ont été signalées par 8 % des maires (+3 points).
Le rythme des démissions de maires reste un sujet de préoccupation.
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