Publié le 3 novembre 2025 à 14h51. Un documentaire poignant sur le rappeur allemand Aykut Anhan, alias Haftbefehl, suscite un débat en Allemagne : peut-il devenir un outil pédagogique pour aborder des questions sociales complexes auprès des jeunes, malgré un passé marqué par la drogue et la criminalité ?
- Des élèves d’Offenbach militent pour l’intégration du documentaire dans les programmes scolaires afin d’éduquer sur les réalités sociales et les dangers de la drogue.
- Le ministère de la Culture allemand rejette catégoriquement cette proposition, estimant que le contenu et l’image publique du rappeur ne correspondent pas aux objectifs éducatifs des écoles.
- Le film, réalisé par Juan Moreno, explore les traumatismes d’enfance, la dépendance à la cocaïne et les luttes intérieures d’Aykut Anhan, offrant un portrait cru et sans concession.
Le nouveau documentaire sur Aykut Anhan, plus connu sous son nom de scène Haftbefehl (mandat d’arrêt), dépeint un parcours de vie tumultueux, marqué par des expériences difficiles et des choix contestables. Le film, réalisé par le journaliste Juan Moreno – connu pour ses investigations sur le scandale du journaliste Claas Relotius – plonge au cœur des démons intérieurs du rappeur, révélant un homme vulnérable, hanté par le suicide de son père et les séquelles d’une longue consommation de cocaïne.
Moreno a suivi Haftbefehl pendant plusieurs années, mettant en lumière non seulement son talent musical et sa connaissance approfondie du rap, mais aussi les racines de son art dans la réalité sociale d’Offenbach, sa ville natale. Les paroles du rappeur reflètent la vie dans les rues, les défis auxquels sont confrontés les jeunes et une réalité que beaucoup reconnaissent.
À Offenbach, les étudiants se mobilisent activement pour que le documentaire devienne une matière d’étude obligatoire. Ils estiment que l’histoire d’Aykut Anhan peut servir de support pédagogique pour sensibiliser les jeunes aux problèmes sociaux, aux risques liés à la drogue et aux opportunités qui s’offrent à eux.
« Haftbefehl n’est pas un phénomène marginal, il fait partie de l’ADN culturel de notre ville et de notre génération. Son langage, son parcours et ses thèmes racontent la réalité que de nombreux jeunes vivent ici chaque jour. »
Luca Albert Dobrita, représentant de l’école municipale d’Offenbach
Cengizhan Nas, porte-parole adjoint de l’école municipale, souligne l’importance d’aborder des sujets tels que la migration, les inégalités sociales et l’identité de manière authentique et accessible. Selon le conseil municipal des étudiants, l’œuvre d’Aykut Anhan représente un véritable « trésor pédagogique ».
Cependant, le ministère de la Culture allemand n’a pas tardé à rejeter cette proposition. Dans un communiqué, le ministère a déclaré que « ni les paroles du rappeur, ni son comportement controversé en public ne sont compatibles avec la mission éducative des écoles ». Le ministère met en avant une « tendance répétée à la criminalité » et une « attitude ambivalente » envers celle-ci, considérant que le rappeur ne peut en aucun cas servir de modèle aux adolescents.
À lire aussi
