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RBNZ divisée : hausse des taux OCR attendue mercredi

by Nicolas Lefèvre
Le duel entre « faucons » et « colombes » sur le taux OCR

La Reserve Bank of New Zealand (RBNZ) doit décider mercredi 8 juillet si elle relève son taux directeur (OCR), actuellement à 2,25 %. Les économistes sont divisés entre un maintien du taux ou une hausse de 0,25 % pour atteindre 2,5 %, alors que les marchés financiers misent à 75 % sur une augmentation.

Le duel entre « faucons » et « colombes » sur le taux OCR

L’attente est palpable avant l’annonce de la Banque de réserve. Selon 1News, certains analystes qualifient cette décision de « suspense insoutenable ». Le comité de politique monétaire se retrouve à la croisée des chemins : doit-il relancer le cycle de hausse des taux ou laisser l’économie respirer ?

D’un côté, les « faucons » comme l’ANZ et la BNZ plaident pour une hausse immédiate de 0,25 %. Pour eux, l’inflation reste une menace trop présente pour être ignorée. De l’autre, les « colombes » — Kiwibank, ASB et Westpac — préconisent un maintien du taux. Ces derniers, dont certains avaient initialement soutenu une hausse en juillet, ont repoussé leurs prévisions à septembre.

La division est profonde, même au sein de la banque centrale. Lors de la réunion de mai, la décision de maintenir le taux a été prise grâce à la voix prépondérante de la gouverneure Anna Breman, après un vote partagé de trois contre trois.

Voici la répartition des prévisions des grandes banques pour la décision de mercredi :

Institution Prévision OCR Position
ANZ 2,50 % Hausse
BNZ 2,50 % Hausse
Kiwibank 2,25 % Maintien
ASB 2,25 % Maintien
Westpac 2,25 % Maintien

L’analogie du « crocodile » et l’incertitude des données

L'analogie du « crocodile » et l'incertitude des données
Photo: RNZ

Le dilemme de la RBNZ repose sur un manque de visibilité. Wesley Tanuvasa, économiste chez ASB, a rappelé une métaphore de l’ancien gouverneur Adrian Orr pour décrire la gestion d’un choc économique.

Tanuvasa estime que si l’inflation est bien ce crocodile caché dans l’obscurité, la gouverneure Anna Breman préférera probablement « voir les dents du crocodile d’abord » avant d’agir. Cette prudence s’explique par l’absence d’informations claires sur l’activité économique et l’inflation avant la réunion de mercredi.

Cette vision est partagée par Jarrod Kerr, économiste en chef de Kiwibank, qui avertit qu’une hausse prématurée risquerait de replonger l’économie dans la récession. Pour lui, l’économie a besoin d’espace pour « se relever », d’autant que la hausse des prix du pétrole semble désormais temporaire.

L’enjeu de la crédibilité et le taux « Goldilocks »

RBNZ Governor Anna Breman on the latest OCR decision

Pour Sharon Zollner, économiste en chef de l’ANZ, la question n’est pas de savoir pourquoi hausser les taux, mais quel est le niveau approprié de l’OCR. Elle soutient que le taux actuel de 2,25 % est trop bas pour équilibrer les risques d’inflation à moyen terme.

Zollner évoque un niveau « Goldilocks » — un taux neutre qui ne stimule ni ne freine l’économie — estimé actuellement à environ 3,25 %. Selon RNZ, l’ANZ considère qu’il est crucial de lancer ce cycle de hausse pour garder le contrôle du récit monétaire.

Stephen Toplis, responsable de la recherche à la BNZ, renforce cette analyse en soulignant un risque institutionnel. Il affirme que la RBNZ perdrait en crédibilité si elle ne relevait pas ses taux en juillet, rappelant que la moitié du comité souhaitait déjà une augmentation lors de la dernière réunion.

Impact pour les ménages et perspectives à court terme

Pour le citoyen moyen, le débat technique entre « neutre » et « stimulatif » se traduit concrètement par le coût des emprunts. L’OCR influence directement les taux hypothécaires et l’épargne. Une hausse à 2,5 % augmenterait la pression financière sur les foyers néo-zélandais.

Cependant, même en cas de maintien mercredi, l’horizon reste tendu. Wesley Tanuvasa a été formel : pour les ménages, l’image globale est claire, car « les taux d’intérêt sont susceptibles d’augmenter cette année ».

L’analyse de Jarrod Kerr apporte une nuance sur l’inflation, prédisant un pic juste au-dessus de 4 % pour le trimestre se terminant en juin, avant un retour vers la fourchette cible de la RBNZ, située entre 1 % et 3 %.

Le marché attend désormais 14h ce mercredi pour savoir si la RBNZ choisira la prudence du maintien ou la fermeté d’une hausse pour contrer l’inflation.

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Impact pour les ménages et perspectives à court terme

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