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Maroc Renforce Sa Gouvernance Halieutique via Stratégie 2025-2027

by Nicolas Lefèvre
La stratégie 2025-2027 et l'investissement dans la recherche scientifique

Le Maroc accélère la transformation de son secteur halieutique via une feuille de route 2025-2027 axée sur la durabilité. Cette stratégie, soutenue par un investissement de 500 millions de dirhams dans la recherche scientifique, vise à moderniser le contrôle des pêcheries et à protéger les stocks marins face au changement climatique.

La stratégie 2025-2027 et l’investissement dans la recherche scientifique

La stratégie 2025-2027 et l'investissement dans la recherche scientifique
Photo: Perspectives Med

Le gouvernement marocain a placé la durabilité au centre de sa politique maritime pour répondre aux pressions climatiques et aux fluctuations des marchés mondiaux. La nouvelle stratégie s’articule autour de trois axes : le renforcement de la recherche scientifique, l’amélioration de la gestion des pêcheries et la modernisation des systèmes de contrôle. Pour concrétiser cette ambition, le ministère a alloué 500 millions de dirhams au développement d’une flotte dédiée à la recherche scientifique.

Cet outil est considéré comme le pivot des décisions de gestion des ressources. Parallèlement, l’administration déploie plus de 30 plans d’aménagement des pêcheries et généralise le système de zonage (Zoning) pour les navires de pêche au chalut et à la ligne. Ce dispositif permet d’encadrer les déplacements des flottilles et de maîtriser l’effort de pêche pour éviter la surexploitation.

Divergences sur la production : croissance officielle versus recul industriel

Divergences sur la production : croissance officielle versus recul industriel
Photo: Le360

Les données économiques révèlent un contraste marqué entre les indicateurs gouvernementaux et les analyses de terrain. Selon la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, la production nationale dépasse 1,2 million de tonnes pour une valeur d’environ 15 milliards de dirhams, soit une hausse de 1,25 milliard par rapport à 2022. Les exportations représenteraient, selon Perspectives Med, près de 27 milliards de dirhams de chiffre d’affaires.

Toutefois, des données plus récentes et spécifiques aux volumes de 2025 dressent un bilan plus nuancé. Selon Le360, la production globale s’est établie à 1,13 million de tonnes en 2025, contre 1,33 million en 2024, soit un repli de 15% en volume. La valeur a suivi une baisse plus modérée de 4%, passant de 10,5 à 10,1 milliards de dirhams.

L’analyse par espèce montre que certains segments résistent mieux que d’autres :

  • Petits pélagiques : 909 750 tonnes (-18% en volume, -8% en valeur).
  • Céphalopodes : 49 876 tonnes (-18% en volume, -6% en valeur).
  • Poisson blanc : 137 569 tonnes (+7% en volume et valeur).
  • Algues : 27 010 tonnes (+21% en volume, +25% en valeur).
  • Coquillages : 956 tonnes (+837% en volume, +577% en valeur).

Cette déconnexion entre volume et valeur s’explique par la raréfaction de la ressource, qui augmente mécaniquement les coûts de la matière première pour les industriels.

L’impact thermique sur les stocks de sardine

La disponibilité de la sardine, pilier des captures marocaines, a suscité des inquiétudes début 2025. Le gouvernement a relativisé ces tensions, affirmant que la faiblesse des quantités en janvier, février et mars ne reflétait pas l’état réel des stocks. Les ports de Laâyoune, Tan-Tan et Tarfaya auraient même enregistré des débarquements quotidiens dépassant 5 000 tonnes, forçant parfois la suspension temporaire de la pêche en raison de la saturation des infrastructures portuaires.

Pourtant, l’analyse technique lie cette instabilité au réchauffement des eaux atlantiques. La sardine pilchardus est extrêmement sensible aux variations thermiques.

Le cycle de reproduction et la survie des larves dépendent de températures situées idéalement entre 14 et 16°C. Au-delà de ce seuil, la mortalité des juvéniles augmente fortement.

Maroc : Renforcement de la stratégie numérique grâce à Jazari Root

UNICOP, via Le360

Ce réchauffement perturbe l’upwelling atlantique, le phénomène de remontée d’eaux froides et nutritives essentiel au plancton. En conséquence, les bancs de poissons se déplacent vers le large ou vers le sud, s’éloignant des zones accessibles aux flottilles artisanales et côtières.

Modernisation du contrôle et ouverture internationale

Pour sécuriser la gouvernance, le Maroc mise sur la numérisation. Le déploiement de nouvelles applications et l’amélioration du système de suivi des navires (VMS) visent à renforcer la surveillance et à limiter la pêche illicite. Entre 2021 et 2025, les investissements privés dans les industries liées à la pêche ont atteint environ 5 milliards de dirhams, soutenant un secteur qui emploie plus de 271 000 personnes.

L’ambition marocaine s’étend désormais hors des frontières. Le Royaume a récemment renforcé sa coopération avec l’Australie pour approfondir les échanges d’expertise. Cette collaboration cible particulièrement l’aquaculture, perçue comme un levier stratégique pour diversifier la production et réduire la pression sur les stocks de capture sauvage.

L’enjeu pour Rabat est désormais de concilier la performance économique immédiate avec une gestion dynamique capable de s’adapter aux changements climatiques, tout en sécurisant l’approvisionnement durable du marché national.

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Modernisation du contrôle et ouverture internationale
Photo: Hespress Français – Actualités du Maroc

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