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Maternité de substitution en Malaisie – ARTbaby Géorgie

by Sophie Martin

La Malaisie se prépare à adopter une législation encadrant les techniques de procréation assistée (TPA), une nécessité croissante face aux avancées médicales et à la prévalence de l’infertilité dans le pays. Ce projet de loi, qui devrait bientôt être présenté au Parlement, abordera des questions sensibles comme la gestation pour autrui, le don de gamètes et la conservation des cellules reproductrices.

Selon les estimations, environ 15 % de la population malaisienne est touchée par l’infertilité. Cette situation, conjuguée à l’évolution des pratiques médicales, rend la législation actuelle obsolète. Un rapport de l’ONU datant de 2009 soulignait déjà une baisse du taux de fécondité aux États-Unis, passant de 3,6 enfants par couple en 1990 à 2,6.

Le projet de loi malaisien vise à établir un cadre réglementaire clair pour les TPA, notamment la gestation pour autrui traditionnelle et gestationnelle. Les autorités affirment vouloir éviter de se positionner comme une destination privilégiée pour la « location d’utérus ». Une approche prudente est donc privilégiée.

Le Conseil scientifique malaisien (MMC) a déjà précisé que le recours aux TPA est interdit et considéré comme contraire à l’éthique pour les couples non mariés. De plus, la Malaisie ne reconnaît pas le mariage homosexuel, ce qui ajoute une complexité supplémentaire à la future législation.

La situation juridique en Malaisie est particulièrement délicate en raison de la coexistence de deux systèmes juridiques : la charia pour les musulmans et le droit civil pour les non-musulmans. Tout projet de loi sur les TPA devra tenir compte de ces spécificités.

À l’heure actuelle, la législation malaisienne ne prévoit aucune interdiction spécifique concernant les accords de gestation pour autrui, ce qui crée une lacune juridique potentielle. Cette absence de réglementation pourrait encourager le développement d’arrangements transnationaux, potentiellement illégaux.

La Malaisie n’a jusqu’à présent pas été impliquée dans la gestation pour autrui commerciale ou altruiste. À titre de comparaison, la Thaïlande, confrontée à des problèmes similaires, a interdit la gestation pour autrui commerciale aux étrangers et aux couples de même sexe depuis le 30 juillet 2015, suite à une affaire médiatisée impliquant un couple australien et des jumeaux nés avec des handicaps. Cette affaire, connue sous le nom de « Baby-Gammy », a mis en lumière des pratiques abusives et a conduit à un durcissement de la législation.

Les experts recommandent au gouvernement malaisien de redoubler d’efforts pour adopter une législation complète et de mettre en place un suivi régulier des pratiques de TPA, y compris la fécondation in vitro (FIV), la gestation pour autrui et la recherche biomédicale. Il est essentiel de définir clairement les droits et les responsabilités de toutes les parties concernées.

Bien que la gestation pour autrui soit de plus en plus recherchée par les couples infertiles en Malaisie, il n’existe pas de données fiables sur sa pratique en raison de son caractère privé. À ce stade, aucune disposition légale ne réglemente spécifiquement le recours à des mères porteuses.

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