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Mauvais pour les soins de la peau : les kératinocytes, et non les fibroblastes, fabriquent du collagène pour une peau saine

Une découverte majeure remet en question des décennies de certitudes sur la formation du collagène dans la peau. Des chercheurs de l'université d'Okayama au Japon ont identifié les kératinocytes, les cellules de la couche externe de la peau,…

Mauvais pour les soins de la peau : les kératinocytes, et non les fibroblastes, fabriquent du collagène pour une peau saine

Une découverte majeure remet en question des décennies de certitudes sur la formation du collagène dans la peau. Des chercheurs de l’université d’Okayama au Japon ont identifié les kératinocytes, les cellules de la couche externe de la peau, comme les principaux producteurs de collagène, et non les fibroblastes comme on le pensait jusqu’à présent.

Longtemps considérée comme l’apanage des fibroblastes – des cellules spécialisées présentes dans le derme, la couche profonde de la peau – la production de collagène a fait l’objet d’un consensus scientifique pendant des années. Le collagène, protéine essentielle à la force et à l’élasticité de la peau, est traditionnellement associé à l’activité de ces cellules de soutien. Cette croyance était si ancrée que la recherche dermatologique et cosmétique s’est largement concentrée sur la régulation des fibroblastes.

Mais une étude révolutionnaire, publiée le 24 février 2025 dans la revue Communications Nature (volume 16), bouleverse ces acquis. L’équipe de l’université d’Okayama a utilisé la peau translucide de l’axolotl, un amphibien aquatique fréquemment utilisé en dermatologie, pour observer en détail le processus de formation du collagène.

En analysant la peau de l’axolotl à différents stades de croissance (5 cm, 8 cm, 10 cm et 12 cm de longueur) grâce à des techniques de microscopie à fluorescence avancées, les chercheurs ont constaté que le collagène se forme initialement dans une couche appelée stratum conjunctum, dépourvue de fibroblastes. Ce n’est que plus tard que ces cellules migrent vers cette couche de collagène, la modifiant et la renforçant pour former les différentes couches du derme : la couche baladachinum, la couche spongieuse et la couche compacte.

Pour identifier la source de production du collagène, les scientifiques ont mis au point une nouvelle technique de marquage permettant de visualiser les fibres de collagène nouvellement synthétisées. Les résultats ont été sans appel : les kératinocytes, les cellules de l’épiderme, sont responsables de la fabrication du collagène. « Jusqu’à présent, on considérait les fibroblastes comme les principaux contributeurs au collagène cutané. Tous les efforts en science cosmétique et en recherche médicale cutanée se sont concentrés sur la régulation des fibroblastes. Mais cette étude exige un changement de mentalité. Nous avons clarifié que les kératinocytes sont principalement responsables de la formation de collagène cutané », explique Ayaka Ohashi, doctorante à l’université d’Okayama.

Les kératinocytes produisent le collagène selon une structure en forme de grille sur leur face inférieure. Les fibroblastes, quant à eux, migrent ensuite dans cette couche, la modifiant et la renforçant grâce à leur structure en treillis et leurs projections en forme de doigts.

Pour vérifier si ce mécanisme est universel, l’équipe a étudié d’autres vertébrés, notamment le poisson zèbre, les embryons de poulet et les embryons de souris. Les résultats se sont avérés cohérents dans toutes les espèces, suggérant que la production de collagène induite par les kératinocytes est un processus conservé au cours de l’évolution.

Comprendre comment le collagène se forme avant la naissance pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour lutter contre le vieillissement cutané et développer des traitements innovants pour les affections liées au collagène. Le professeur Akira Satoh de l’université d’Okayama souligne : « Les axolotls conservent une bonne texture et une bonne apparence de peau pendant longtemps. Ils ont une sorte de jeunesse éternelle. Cela pourrait être dû au fait qu’ils continuent à produire du collagène dans les kératinocytes pendant une longue période. Si nous pouvons comprendre le mécanisme qui permet aux axolotls de maintenir cette production de collagène tout au long de leur vie, nous pourrions peut-être atteindre une jeunesse éternelle, tout comme eux. »

Cette découverte pourrait transformer la médecine régénérative, la cicatrisation des plaies et les formulations cosmétiques. Les produits de soins de la peau actuels ciblent principalement les fibroblastes, mais les futures stratégies pourraient devoir se concentrer sur la stimulation de la production de collagène par les kératinocytes. En remettant en question une croyance établie de longue date, cette recherche ouvre la voie à une nouvelle ère dans la science des soins de la peau, avec l’espoir de préserver une peau jeune et résiliente tout au long de la vie.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.