Publié le 24 septembre 2025. L’ambitieux programme indonésien d’acquisition de 48 avions de chasse furtifs Kaan pourrait être compromis par un blocage américain à l’exportation d’un moteur essentiel, ravivant les tensions dans les relations de défense entre Washington et Ankara.
- Le Congrès américain retiendrait l’approbation de l’exportation du moteur General Electric (GE) F110, crucial pour le développement du Kaan.
- Ce blocage s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et la Turquie, notamment liées à l’acquisition par Ankara de systèmes de défense antimissile russes S-400.
- La Turquie travaille au développement d’un moteur national, le TS-35000, mais son déploiement à grande échelle n’est pas prévu avant les années 2030.
L’Indonésie, qui a signé un contrat pour l’achat de 48 avions Kaan, pourrait voir son calendrier de livraison retardé en raison de ce différend. Selon le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, le Congrès américain est le seul à pouvoir autoriser l’exportation du moteur GE F110, indispensable au programme Kaan développé par Turkish Aerospace Industries (TAI).
La décision du Congrès américain est liée à la licence d’exportation du moteur GE F110, actuellement utilisé pour les prototypes du Kaan. Ankara considère cette rétention comme une extension des sanctions imposées en vertu de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act), initialement mises en place en raison de l’acquisition par la Turquie du système de défense antimissile S-400 russe.
Bien que la Turquie envisage de développer un moteur national, le TS-35000, pour la production de masse du Kaan (prévue pour les années 2030), le refus du moteur F110 pourrait retarder les phases initiales de test en vol et de production (bloc 0 et bloc 1), qui dépendent actuellement de la technologie américaine.
Les relations entre la Turquie et les États-Unis sont actuellement décrites comme «transactionnelles», marquées par des améliorations ponctuelles mais entachées de problèmes structurels persistants. Si la coopération s’est renforcée au niveau exécutif, notamment avec l’approbation par les États-Unis de la vente de 40 avions de chasse F-16 et de 79 kits de modernisation à la Turquie, ainsi que la ratification de l’adhésion de la Suède à l’OTAN, le Congrès américain maintient une position plus ferme. La Turquie avait accepté l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN sous certaines conditions.
Le Congrès américain, méfiant à l’égard de la Turquie, dispose d’un pouvoir considérable pour bloquer les licences d’exportation de technologies de défense sensibles, en particulier celles considérées comme stratégiques. Les préoccupations du Congrès portent principalement sur l’acquisition du S-400 et sur la politique étrangère turque.
La demande de la Turquie ne se limite pas à l’achat de moteurs F110, mais inclut également une licence de coproduction, ce qui est perçu comme un risque trop élevé par certains membres du Congrès, compte tenu des tensions persistantes.
En l’absence du moteur GE F110, la Turquie devra intensifier ses efforts pour finaliser le développement et les tests de son moteur national, le TS-35000, développé par Tusaş Engine Industries (TEI), une filiale de Turkish Aerospace Industries (TAI). Ce moteur est destiné à être intégré dans les versions de production du Kaan (bloc 2 et suivants), réduisant ainsi la dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers.
Outre la production nationale et américaine, une autre option serait de négocier avec d’autres pays, comme la Grande-Bretagne (Rolls-Royce) ou d’autres fournisseurs non occidentaux, mais cela impliquerait des délais de conception et de tests plus longs, ainsi qu’une augmentation des coûts. (Dernière nouvelle)
