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Mécanisme hôte nouvellement découvert pour les coronavirus

by Sophie Martin

Publié le 7 novembre 2025. Des chercheurs de l’Université de la Ruhr à Bochum ont découvert un mécanisme cellulaire jusqu’alors inconnu, impliquant une kinase, qui joue un rôle clé dans la réplication des coronavirus, ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles stratégies antivirales.

  • L’équipe a identifié la kinase N-terminale c-Jun (JNK) comme un acteur central dans le cycle de vie du coronavirus humain HCoV-229E.
  • Bloquer l’activité de cette kinase réduit significativement la production virale, tant pour le HCoV-229E que pour le SARS-CoV-2.
  • La phosphorylation de la protéine N virale par JNK semble être un processus conservé dans différents types de coronavirus.

Une équipe de recherche de l’Université de la Ruhr à Bochum a mis en lumière un mécanisme jusqu’ici méconnu qui régule la réplication des coronavirus. Leur étude, publiée le 18 septembre 2025 dans la revue spécialisée Virus npj, révèle que la kinase N-terminale c-Jun (JNK) est activée lors de l’infection par le coronavirus humain HCoV-229E et contrôle la phosphorylation de la protéine de la nucléocapside virale (N), une étape essentielle du cycle de réplication virale.

En utilisant des techniques de microscopie cellulaire en direct, d’immunofluorescence quantitative et des analyses biochimiques, les chercheurs ont démontré que JNK est spécifiquement activée dans les cellules infectées. Ils ont observé une augmentation significative de l’activité de JNK environ 16 heures après l’infection, grâce à l’utilisation d’un rapporteur de translocation de kinase (KTR). L’inhibition de cette kinase, par le biais d’inhibiteurs spécifiques, a entraîné une réduction notable de la production virale, tant pour le HCoV-229E que pour le SARS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19.

En collaboration avec le groupe de recherche du professeur Michael Kracht de l’université de Giessen, l’équipe a également identifié que JNK phosphoryle des résidus sérine spécifiques sur la protéine N. Ces sites de phosphorylation sont conservés dans différents coronavirus, suggérant que JNK pourrait jouer un rôle généralisé dans la réplication de ces virus.

« Nos données mettent en évidence la kinase JNK comme un facteur hôte important directement impliqué dans la modification de la protéine N – une étape cruciale dans la reproduction des virus »,

Yannick Brüggemann, responsable de l’équipe de recherche

« Le fait que l’inhibition de JNK inhibe la prolifération du HCoV-229E et du SARS-CoV-2 souligne le potentiel de cette voie de signalisation comme point de départ pour de nouveaux agents antiviraux à l’avenir. »

Eike Steinmann

Ces découvertes pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement de traitements antiviraux ciblant la voie de signalisation JNK, offrant ainsi une approche potentielle pour lutter contre les infections à coronavirus.

Cellules de culture cellulaire exprimant un rapporteur d’activité kinase (vert) après infection par le coronavirus humain HCoV-229E (rouge). Les noyaux des cellules sont colorés en bleu. © Virologie Moléculaire et Médicale

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