Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des premières règles précoces pourraient augmenter le risque de maladies du foie, selon une étude récente. Les spécialistes recommandent une surveillance du poids et des bilans hépatiques chez les femmes concernées.
- L’âge des premières règles est associé au risque de stéatose hépatique (maladie du foie gras).
- Chaque année supplémentaire avant l’apparition des règles réduit de 15 % le risque de développer cette pathologie.
- Environ 30 % de la population mondiale est touchée par la stéatose hépatique, et les complications graves sont en augmentation.
La stéatose hépatique, ou maladie du foie gras, est une affection de plus en plus répandue. On estime qu’elle touche actuellement près d’un tiers de la population mondiale. Les prévisions sont alarmantes : d’ici 2030, on s’attend à une augmentation de 137 % des cancers du foie et de 168 % des cirrhoses liées à cette maladie, entraînant une hausse de 178 % des décès.
Une nouvelle étude, publiée dans la revue Gérontologie expérimentale, met en lumière un facteur de risque insoupçonné : l’âge des premières règles, ou ménarche. Les chercheurs ont analysé les données de 2 730 femmes, d’un âge moyen de 49 ans, dont 1 110 (soit 39 %) souffraient de stéatose hépatique. Les participantes ont été divisées en groupes en fonction de l’âge auquel elles ont eu leurs premières règles (avant 10 ans, à 11, 12, 13 ou après 14 ans).
Les résultats sont significatifs : l’étude a démontré que pour chaque année supplémentaire d’attente avant la ménarche, l’incidence de la stéatose hépatique diminuait de 15 %. Les femmes ayant eu leurs premières règles après l’âge de 14 ans présentaient un risque 68 % plus faible de développer cette maladie du foie que celles qui les ont eues avant l’âge de 10 ans.
Ce lien s’explique par l’exposition précoce à l’hormone œstrogène. Au cours des deux dernières décennies, l’âge de la puberté, et donc de la ménarche, a diminué. En 1995, l’âge moyen des premières règles était de 12,1 ans, contre 11,9 ans entre 2013 et 2017. Une ménarche précoce expose les jeunes filles à l’œstrogène plus tôt, ce qui peut influencer la répartition des graisses dans le corps et favoriser le développement d’une stéatose hépatique.
Le Dr Vicente Carreño et les médecins de la Fondation espagnole du foie (FEHV) estiment qu’il est important de prendre en compte ces données dans l’évaluation des facteurs de risque de la stéatose hépatique. Ils recommandent, en cas de ménarche précoce, une surveillance régulière du poids associée à des examens hépatiques (analyses sanguines, échographie), bien que ces recommandations nécessitent d’être confirmées par des études plus approfondies.
« Ces résultats suggèrent que l’apparition précoce des premières règles constitue un facteur de risque important pour le développement d’une stéatose hépatique. »
Dr Vicente Carreño, Fondation espagnole du foie (FEHV)
