Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude internationale démontre que même une activité physique modérée, comme la marche, peut considérablement ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer chez les personnes à risque, en agissant sur l’accumulation de protéines spécifiques dans le cerveau.
- Marcher moins de 3 000 pas par jour est associé à un déclin cognitif plus rapide chez les personnes présentant des taux élevés de bêta-amyloïde.
- Augmenter son activité à 3 000-5 000 pas par jour peut retarder ce déclin de trois ans en moyenne, et jusqu’à sept ans pour ceux qui atteignent 5 000-7 500 pas.
- L’activité physique semble ralentir l’accumulation de la protéine Tau, un marqueur clé de la maladie d’Alzheimer.
L’inactivité physique est depuis longtemps reconnue comme un facteur de risque modifiable pour la maladie d’Alzheimer, mais le lien précis avec sa progression restait flou. Cette nouvelle recherche, menée par des scientifiques d’Australie, du Canada et des États-Unis, apporte des éléments concrets sur l’importance de l’activité physique, même à un niveau modéré, pour préserver la santé cognitive.
L’étude, publiée dans la revue Nature Medicine, a suivi près de 300 personnes pendant 14 ans. Les participants, âgés de 50 à 90 ans, ne présentaient pas de symptômes de la maladie d’Alzheimer au début de l’étude, mais des analyses ont révélé une forte accumulation de protéines Tau et bêta-amyloïdes dans leur cerveau, les plaçant dans une catégorie à risque.
Les chercheurs ont utilisé une technique d’imagerie médicale non invasive, la tomographie par émission de positons (TEP), pour mesurer les niveaux de ces protéines. Parallèlement, ils ont suivi l’activité physique des participants grâce à des podomètres. Des évaluations cognitives annuelles ont permis de mesurer l’évolution de leurs capacités mentales sur une période allant de 2 à 14 ans (9,3 ans en moyenne).
Les résultats sont sans équivoque : un nombre plus élevé de pas quotidiens est corrélé à un ralentissement du déclin cognitif et à une accumulation plus lente de la protéine Tau, en particulier chez les personnes présentant des niveaux élevés de bêta-amyloïde.
« Nos résultats montrent qu’augmenter le nombre d’étapes, même légèrement, peut contribuer à ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer chez les personnes présentant un risque élevé de la développer »,
Jasmeer Chhatwal, neurologue au Mass General Brigham
Selon le Dr Chhatwal, cette découverte pourrait expliquer pourquoi certaines personnes à risque d’Alzheimer connaissent une détérioration cognitive plus rapide que d’autres. Elle ouvre également la voie à l’utilisation de changements de style de vie, comme l’augmentation de l’activité physique, comme stratégie thérapeutique.
L’équipe de recherche prévoit désormais d’approfondir ses investigations pour identifier les aspects spécifiques de l’activité physique qui sont les plus bénéfiques et pour comprendre les mécanismes biologiques qui sous-tendent cet effet protecteur. L’objectif est de concevoir des essais cliniques plus efficaces pour tester des interventions basées sur l’exercice physique et ralentir le déclin cognitif chez les personnes âgées, en particulier celles présentant un risque élevé de développer la maladie d’Alzheimer.
Cette étude, menée par l’équipe de l’ Étude de Harvard sur le vieillissement cérébral, souligne l’importance de rester physiquement actif tout au long de la vie pour préserver la santé du cerveau.