Un an après le macabre constat, le procès de Salvatore Dettori, accusé du meurtre de sa mère à Leporano, a repris ce matin. L’affaire, marquée par une violence extrême et des aveux troublants, continue de susciter l’effroi dans la province de Tarente.
Lors de l’audience de ce jour, les experts entendus – le professeur Francesco Introna, médecin légiste en charge de l’autopsie, ainsi qu’un généticien ayant analysé la scène de crime – ont confirmé les conclusions de leurs rapports techniques. Leurs témoignages n’ont apporté aucun nouvel élément significatif, renforçant la reconstruction des faits établie par les enquêteurs.
Le 14 novembre 2024, Silvana La Rocca, 73 ans, enseignante retraitée, avait été retrouvée sans vie dans la cour de sa maison, victime de multiples coups de couteau. L’enquête a révélé un acte d’une brutalité inouïe : Salvatore Dettori aurait attaqué sa mère par surprise alors qu’elle s’apprêtait à prendre sa voiture, allant jusqu’à lui arracher le cœur.
Dès son arrestation, Dettori a avoué les faits, invoquant un mobile délirant. Il affirmait avoir été contraint par sa mère de consommer de la chair humaine, les restes de son père décédé, et craignait d’être transformé en « mangeur de chair » ou en « vampire ». Ces déclarations, qualifiées de troublantes, n’ont pas pour autant convaincu le juge d’instruction Francesco Maccagno de son irresponsabilité. Celui-ci l’a jugé lucide et conscient de ses actes, une appréciation contestée par les avocats de la défense, Maîtres Francesco D’Errico et Emanuele Catapano, qui avaient demandé une expertise psychiatrique, rejetée par le tribunal.
Par ailleurs, les enquêteurs ont exploré une piste économique. Dettori souhaitait apparemment retourner vivre dans la maison de sa mère, mais celle-ci s’y était fermement opposée, allant jusqu’à proposer de rembourser ses dettes pour l’éloigner. Ce refus pourrait avoir alimenté des ressentiments et des obsessions ayant conduit à la violence. Le fils cadet de la victime, Enea Dettori, résidant en France, a confirmé lors d’une précédente audience l’existence de tensions entre sa mère et son frère.
C’est Enea Dettori qui avait donné l’alerte le 14 novembre, inquiet du silence de sa mère. Il avait contacté un cousin policier pour qu’il vérifie la situation. Sur place, Salvatore Dettori s’était montré apparemment calme. Cependant, les enquêteurs pensent qu’il avait déjà préparé un nouveau plan : il avait débranché le tuyau de gaz de la cuisine, probablement dans l’intention de provoquer une explosion pour effacer les preuves. Seule une bourrasque de vent aurait empêché le drame d’aller jusqu’au bout.
Au moment de son arrestation, Dettori portait sur lui des lames et un bouclier rudimentaire, cachés sous sa veste, affirmant qu’il en avait besoin pour se défendre « contre les vampires ». L’enquête a ensuite permis de reconstituer précisément le déroulement du crime, de l’attaque à l’ablation du cœur, confirmée par l’autopsie du professeur Introna.
