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Mises en garde concernant la #DigitalHealth par Bharat Gera, @bgera

L'engouement pour l'intelligence artificielle dans le secteur de la santé est palpable, mais les réalités de sa mise en œuvre s'avèrent bien plus complexes que les promesses d'une révolution technologique. Un expert du secteur met en garde contre…

Mises en garde concernant la #DigitalHealth par Bharat Gera, @bgera

L’engouement pour l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé est palpable, mais les réalités de sa mise en œuvre s’avèrent bien plus complexes que les promesses d’une révolution technologique. Un expert du secteur met en garde contre trois écueils majeurs qui pourraient compromettre le succès de la transformation numérique des soins.

L’IA suscite de grands espoirs, notamment en matière de diagnostic précoce et de lutte contre le cancer. Cependant, selon Bharat Gera, ancien directeur des systèmes d’information (DSI) d’un hôpital universitaire et conseiller auprès de jeunes entreprises spécialisées dans la santé numérique, il est crucial de ne pas céder à l’illusion d’une solution miracle.

« La plus grande opportunité offerte par l’IA n’est pas de réduire les erreurs ou la charge de travail, ni même de guérir le cancer : c’est l’opportunité de restaurer la connexion et la confiance précieuses et séculaires – le contact humain – entre les patients et les médecins », souligne Eric Topol dans son ouvrage Deep Medicine.

Un obstacle de taille : les systèmes existants

L’un des premiers défis à relever est l’intégration de ces nouvelles technologies avec les systèmes informatiques existants, souvent obsolètes. La plupart des infrastructures hospitalières datent d’au moins 10 à 15 ans et manquent de standards d’interopérabilité. L’absence d’interfaces de programmation (API) standardisées et l’utilisation de formulaires textuels archaïques compliquent considérablement le processus d’intégration.

Remplacer ces systèmes est une tâche ardue, car ils sont au cœur du fonctionnement des hôpitaux. Les opérations hospitalières, qui combinent des aspects commerciaux et de service, présentent des spécificités qui les distinguent d’autres secteurs. De nombreux projets de santé numérique échouent d’ailleurs dès cette première étape, faute d’une intégration réussie.

Les principaux hôpitaux sont conscients de cette contrainte et collaborent avec des entreprises technologiques pour développer des plateformes facilitant l’intégration avec les systèmes existants. Cependant, l’interopérabilité totale reste un objectif lointain.

Éviter une augmentation des coûts

Un autre point de vigilance concerne le coût de ces nouvelles technologies. Les dépenses de santé aux États-Unis représentent déjà près d’un tiers du total, soit 18 % du produit intérieur brut (PIB). Les hôpitaux ne peuvent pas se permettre une augmentation supplémentaire des coûts, même si l’IA offre des performances comparables à celles des médecins.

Les promesses de gains de temps ou d’augmentation de la productivité ne se concrétisent pas toujours. Les entreprises de santé numérique auront plus de succès en proposant des alternatives moins coûteuses aux technologies existantes ou en développant de nouvelles méthodes de traitement permettant de réduire les dépenses. Avant de présenter une solution, il est essentiel de démontrer sa rentabilité et sa capacité à réduire les coûts pour le client.

L’humain au cœur des soins

Enfin, il est crucial de ne pas réduire le patient à un simple ensemble de données. L’empathie et la relation humaine restent fondamentales dans les soins de santé. Si la technologie numérique génère des quantités massives de données – issues de l’imagerie médicale, des capteurs connectés (comme les bracelets Fitbit et les montres intelligentes) – ces informations ne suffisent pas à elles seules à améliorer la prise en charge des patients.

L’abondance de données peut même submerger les patients et les soignants, sans pour autant conduire à des décisions cliniques plus éclairées. L’analyse de données par l’IA ne remplacera pas l’expertise d’un pathologiste, et l’ajout de moniteurs supplémentaires ne saurait remplacer le contact humain et le réconfort d’un câlin.

Il est donc préférable de se concentrer sur la résolution de problèmes spécifiques en utilisant les données pertinentes, collectées de manière non intrusive, et de toujours privilégier l’humain dans les soins de santé. L’algorithme ne doit pas être considéré comme une fin en soi, mais comme un outil au service du patient.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.