Publié le 13 décembre 2025 20h00. La santé cérébrale est trop souvent négligée au profit de la santé cardiovasculaire ou pulmonaire, une situation que les experts prévoient de voir se transformer en véritable crise de santé publique. Un neuroscientifique de Harvard dévoile des stratégies simples pour préserver ses fonctions cognitives.
Alors que l’espérance de vie ne cesse de s’allonger, la santé de notre cerveau ne suit pas, ce qui pourrait entraîner une augmentation significative des cas de démence. C’est l’avertissement lancé par le professeur Rudy Tanzi, neuroscientifique de renom à Harvard et spécialiste de la maladie d’Alzheimer.
Dans une interview accordée à Semaine d’actualités, le directeur du McCance Center for Brain Health du Massachusetts General Hospital et professeur de neurologie à la Harvard Medical School souligne l’importance d’une approche proactive de la santé cérébrale.
Selon le professeur Tanzi, près de la moitié des cas de démence pourraient être retardés, voire évités, en agissant sur les facteurs de risque modifiables. Il propose une méthode simple, résumée par l’acronyme SHIELD (en anglais : Dormir, Gérer le stress, Interagir socialement, Faire de l’exercice, Apprendre de nouvelles choses, Alimentation).
Le sommeil, par exemple, est essentiel. Il ne s’agit pas seulement de récupérer de l’énergie, mais aussi de permettre au cerveau de se nettoyer des plaques amyloïdes, des dépôts protéiques associés au déclin cognitif. Il recommande de viser entre 7 et 8 heures de sommeil par nuit.
La gestion du stress est également cruciale. Le cortisol, l’hormone du stress, peut endommager les neurones et accélérer la formation de ces plaques. Le professeur Tanzi conseille la méditation comme outil pour réduire le niveau de stress.
L’isolement social est un autre facteur de risque important. Interagir avec ses proches, même par téléphone ou par appel vidéo, stimule les réseaux cognitifs clés. De même, l’activité physique régulière est bénéfique : une étude récente a montré que chaque 1 000 pas supplémentaires par jour (avec une limite, bien sûr) peut retarder d’un an le déclin cognitif et fonctionnel. Ainsi, marcher 3 000 pas par jour pourrait retarder la détérioration de trois ans.
L’apprentissage tout au long de la vie est également essentiel, car il crée de nouvelles connexions synaptiques, renforçant la résilience cérébrale. Enfin, une alimentation riche en antioxydants, en oméga-3 et en fibres, favorise la santé cérébrale. Le régime méditerranéen, en particulier, est bénéfique car il soutient le microbiome intestinal, qui joue un rôle important dans la fonction cognitive.
Le professeur Tanzi insiste sur l’importance d’agir tôt. Adopter ces habitudes saines avant l’apparition des premiers symptômes est essentiel pour préserver la mémoire et l’identité.
Premiers signes de déclin cognitif
Les premiers signes de déclin cognitif peuvent être subtils, mais il est important de les reconnaître. Ils incluent une perte de mémoire à court terme, des difficultés de concentration et des changements d’humeur qui affectent la vie quotidienne.
- Problèmes de mémoire et d’orientation : oubli fréquent d’événements récents, de conversations ou de rendez-vous, questions répétitives, désorientation dans des lieux familiers, perte d’objets du quotidien sans se souvenir où ils ont été placés.
- Difficultés cognitives : difficulté à se concentrer, à suivre des conversations ou à accomplir des tâches nécessitant une attention soutenue, difficulté à prendre des décisions, à planifier ou à résoudre des problèmes, problèmes de vocabulaire ou lenteur dans le traitement de l’information.
- Changements émotionnels et sociaux : irritabilité, anxiété, apathie ou changements de personnalité sans cause apparente, perte d’intérêt pour les passe-temps ou isolement social.
Si ces signes sont nouveaux ou s’aggravent, il est important de consulter un médecin pour une évaluation.
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