L’administration Trump a contourné une décision de justice en déployant 300 membres de la Garde nationale californienne en Oregon, après que le déploiement de la Garde nationale de l’Oregon à Portland ait été temporairement bloqué. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement fédéral et les autorités locales concernant la gestion des manifestations.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a immédiatement dénoncé cette mobilisation comme un « abus à couper le souffle de la loi et du pouvoir ». Dans une déclaration publiée sur son site web, il a accusé l’administration Trump d’attaquer l’état de droit et de considérer les juges, y compris ceux nommés par le président lui-même, comme des adversaires politiques. « Le commandant en chef utilise l’armée américaine comme une arme politique contre les citoyens américains », a-t-il affirmé, promettant de contester cette décision devant les tribunaux.
La Maison Blanche n’a pas confirmé immédiatement le déploiement, renvoyant les questions au ministère de la Défense, qui a refusé de commenter. Cette intervention fait suite à une décision du 4 octobre, rendue par la juge Karin J. Immergut du tribunal de district américain de l’Oregon, bloquant temporairement le déploiement de la Garde nationale de l’Oregon à Portland en réponse aux violentes manifestations ciblant les agents d’immigration.
La juge Immergut a souligné dans son ordonnance la longue tradition américaine de résistance à l’outrepassment du gouvernement, en particulier en ce qui concerne l’intervention militaire dans les affaires civiles. « Cette nation est régie par le droit constitutionnel, et non par la loi martiale », a-t-elle écrit, avertissant que les actions de l’administration risquaient de brouiller la frontière entre le pouvoir fédéral civil et militaire.
L’affaire a été initialement examinée par le juge de district américain Michael Simon, qui s’est ensuite récusé après que le ministère de la Justice a déposé des documents accusant son épouse, la représentante Suzanne Bonamici (D-Ore.), d’avoir critiqué publiquement le plan de Trump. La juge Immergut a été affectée à l’affaire par tirage au sort.
Par ailleurs, l’administration Trump a autorisé le déploiement de 300 membres de la Garde nationale de l’Illinois à Chicago le 4 octobre, pour protéger les agents et les actifs fédéraux. La porte-parole de la Maison Blanche, Abigail Jackson, a justifié cette décision en évoquant les « émeutes violentes et l’anarchie » dans la ville, et le manque d’action des dirigeants locaux. Le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, a dénoncé cette initiative comme une tentative de manipulation des tensions et une atteinte à la souveraineté des États.
« Il est absolument scandaleux et non américain d’exiger qu’un gouverneur envoie des troupes militaires à l’intérieur de nos propres frontières et contre notre volonté », a déclaré Pritzker dans un communiqué. Il a accusé l’administration Trump de vouloir créer un spectacle artificiel plutôt que de réellement assurer la sécurité publique.
Ces déploiements interviennent après que Trump a déjà fédéralisé des membres de la Garde nationale californienne, malgré l’opposition de Newsom, suite à des manifestations à Los Angeles contre les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
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