Trois personnes ont plaidé coupable devant un tribunal fédéral américain de leur participation à un vaste réseau international d’escroqueries sentimentales. L’opération, active entre juillet 2024 et avril 2026, a ciblé plus de 130 victimes âgées dans 25 États américains ainsi qu’en Allemagne et en Autriche, engendrant des pertes supérieures à neuf millions de dollars.
Les aveux des frères Abubakari et d’Amanda Joy Opoku-Boachie devant la justice américaine
L’affaire a connu un tournant majeur le 13 octobre 2026 lorsque les jumeaux ghanéens Jamal Abubakari et Kamal Abubakari, âgés de 22 ans et connus respectivement sous les pseudonymes d’Arrangement
et de Lancaster
, ont plaidé coupable de complot en vue de commettre une fraude électronique devant le bureau du procureur des États-Unis pour le district nord de l’Ohio. Leur co-accusée, Amanda Joy Opoku-Boachie, une Américaine de 53 ans résidant à Kula à Hawaï, a enregistré ses propres aveux le 20 octobre 2026, selon les informations diffusées par les autorités judiciaires de Cleveland.
Les trois prévenus ont admis avoir pris part à un système sophistiqué de tromperie sentimentale orchestré depuis l’Afrique de l’Ouest et les États-Unis. D’après les documents judiciaires cités par le parquet fédéral, le réseau s’appuyait sur des faux profils pour nouer des relations intimes et illusoires avec des personnes vulnérables, principalement des personnes âgées contactées sur des sites de rencontres et des plateformes de réseaux sociaux.

Les accusés ont conspiré avec d’autres pour utiliser de fausses personnalités afin d’établir des relations étroites et personnelles avec les victimes, qui revêtaient souvent un caractère romantique.
Pour donner plus de crédit à leurs mensonges, les membres du groupe ont ponctuellement eu recours à des plateformes vidéo propulsées par l’intelligence artificielle afin de se faire passer pour des femmes lors d’échanges en ligne. Une fois la confiance installée, les escrocs prétextaient des urgences médicales, des opportunités d’investissement ou des frais de voyage pour inciter les victimes à effectuer des virements bancaires vers des comptes contrôlés par l’organisation.
Saisie de bijoux de luxe et coopération policière internationale
Dans le cadre de leurs accords de plaidoyer, les deux frères ghanéens et leur complice hawaïenne ont accepté de renoncer à l’ensemble des biens de valeur saisis par les enquêteurs lors de leurs interpellations en Virginie.

L’enquête de grande envergure a été pilotée par la division de Cleveland du Federal Bureau of Investigation, avec l’appui crucial du Bureau des affaires internationales du ministère de la Justice. Du côté ghanéen, l’opération a mobilisé un vaste éventail d’agences gouvernementales et de sécurité intérieure, incluant le bureau du procureur général, l’Office de la criminalité économique et organisée, le service de police ghanéen, l’Autorité de cybersécurité, la Commission de contrôle des narcotiques, ainsi que le Centre du renseignement financier et le Bureau national du renseignement.
Les autorités judiciaires ont par ailleurs souligné que d’autres complices présumés font actuellement l’objet de demandes d’extradition depuis le Ghana.

Un impact dévastateur sur les victimes et des condamnations imminentes
Le préjudice financier total infligé aux personnes piégées dépasse les neuf millions de dollars. Les procureurs ont versé au dossier des pièces attestant de la détresse psychologique et financière des épargnants floués.
Les victimes signalent qu’elles se retrouvent avec absolument rien pour subvenir à leurs besoins futurs après toute une vie de travail et d’efforts d’épargne. De plus, les victimes individuelles éprouvent de la honte et se voient privées de la confiance qu’elles accordaient autrefois à leurs semblables.
Procureurs fédéraux, via The Guardian
Cette offensive judiciaire s’inscrit dans le cadre de l’initiative fédérale Elder Justice, mise en place sous l’égide de la loi de 2017 sur la prévention et la poursuite des abus envers les personnes âgées. Face à la recrudescence de ces pratiques, les experts rappellent que les fraudeurs ciblent prioritairement un public mûr disposant d’un patrimoine accumulé au cours de leur existence.
Chaque prévenu encours une peine maximale de vingt ans d’emprisonnement fédéral. Le prononcé des sentences a été fixé par un juge du tribunal de district : les frères Abubakari connaîtront leur sort le 9 février 2027, tandis qu’Amanda Joy Opoku-Boachie comparaîtra le 10 février 2027 pour sa condamnation.
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