Des affirmations circulant en ligne, notamment après la récente capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, suggèrent à tort que des machines à voter fabriquées au Venezuela seraient utilisées lors des élections en Australie, au Royaume-Uni et en France. Une vérification des faits révèle que ces allégations sont infondées : la législation australienne interdit l’utilisation de telles machines aux élections fédérales.
À retenir
- La loi australienne n’autorise pas l’utilisation de machines à voter lors des élections fédérales.
- Seul le Territoire de la capitale australienne (ACT) utilise des machines à voter, mais celles-ci sont développées par une entreprise australienne.
- Les allégations concernant l’influence vénézuélienne sur les machines à voter aux États-Unis ont donné lieu à des poursuites judiciaires.
Contexte
La diffusion de ces fausses informations coïncide avec l’arrestation et l’expulsion de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, des États-Unis, où ils sont accusés de trafic de drogue et d’armes. Cette situation a ravivé des théories du complot apparues après l’élection présidentielle américaine de 2020, accusant le Venezuela d’avoir manipulé les résultats en faveur de Joe Biden. Une publication sur Facebook, notamment, affirmait que des machines à voter vénézuéliennes étaient utilisées dans plusieurs pays, y compris l’Australie.
Selon la Commission électorale australienne (AEC), la loi électorale du Commonwealth de 1918 devrait être modifiée pour autoriser le vote électronique au niveau fédéral. Actuellement, la grande majorité des votes se font à l’aide de bulletins papier, tant au niveau fédéral qu’au niveau des États et des territoires.
Ce qui change
Le seul territoire australien où des machines à voter sont utilisées est l’ACT. Dans ce territoire, chaque électeur reçoit une carte de vote électronique unique avec un code QR, scanné dans un isoloir de vote électronique. Le logiciel utilisé, appelé eVACS, est développé et détenu par une entreprise australienne, Améliorations logicielles.
Le Royaume-Uni n’utilise pas de machines à voter, le vote se faisant uniquement en personne, par correspondance ou par procuration. En France, le vote électronique est limité aux citoyens résidant à l’étranger pour les élections législatives et consulaires, mais n’est pas autorisé pour les élections présidentielles, européennes ou les référendums.
Aux États-Unis, des allégations similaires concernant les machines de Dominion Voting Systems et Smartmatic ont conduit à des poursuites en diffamation, avec des règlements à hauteur de centaines de millions de dollars. Dominion Voting Systems, fondée au Canada en 2002, a été renommée Liberty Voting en 2025 après son acquisition par une entreprise américaine. Les fondateurs de Smartmatic sont d’origine vénézuélienne, mais la société a été constituée dans l’État américain du Delaware en 2000 et est désormais une filiale d’une société néerlandaise.
Prochaines étapes
La Commission électorale australienne continue de surveiller les technologies de vote et évaluera les possibilités de vote électronique à l’avenir, dans le respect du cadre juridique en vigueur. Il est important de rester vigilant face à la désinformation concernant les processus électoraux et de vérifier les informations auprès de sources fiables.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de votes électroniques lors des trois dernières élections nationales australiennes | Moins de 2 300 |
Sources
Commission électorale australienne (AEC)
Commission électorale d’ACT
Commission électorale de Victoria
Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères
CNN
