Home MondeNous somnambulons vers un monde terrifiant. Le New York Times explore les profondeurs de l’intelligence artificielle | nouvelles

Nous somnambulons vers un monde terrifiant. Le New York Times explore les profondeurs de l’intelligence artificielle | nouvelles

by Clara Dubois

Publié le 31 décembre 2025 à 19h43 (heure de La Mecque). L’intelligence artificielle suscite une inquiétude croissante, allant au-delà des clivages partisans traditionnels, et soulève des questions fondamentales sur son impact sur l’éducation, l’emploi et la démocratie, selon une analyse du New York Times.

L’écrivaine Michelle Goldberg décrit une réalité où « nous somnambulons vers un monde terrifiant », une observation qui trouve un écho inattendu auprès de Matt Walsh, un commentateur américain d’extrême droite. Goldberg a reconnu dans un article d’opinion publié par le New York Times qu’elle partageait l’avis de Walsh, exprimé en novembre dernier, sur les dangers potentiels de l’intelligence artificielle (IA).

Si l’IA présente des applications utiles, notamment dans le domaine médical, les dommages accumulés, selon Goldberg, dépassent largement les promesses. Elle critique particulièrement l’impact de l’IA sur l’éducation, la jugeant de plus en plus utilisée comme méthode d’enseignement d’efficacité douteuse et transformée en un outil de plagiat facile. L’IA est également pointée du doigt pour ses conséquences négatives sur l’emploi, créant un environnement de recherche d’emploi frustrant et complexe.

Critique de la société d'intelligence artificielle
Critique de la société d’intelligence artificielle “OpenAI”

L’article souligne que l’IA menace non seulement l’emploi et l’éducation, mais aussi la qualité de l’information, en déformant la réalité publique à travers la diffusion de faux contenus, et qu’elle exerce une pression considérable sur l’environnement en raison de la forte consommation énergétique des centres de données. Des risques psychologiques croissants et une érosion de la vie privée, due à une surveillance généralisée, sont également mis en avant.

Goldberg critique également les promesses « étonnantes » des dirigeants technologiques, notamment Sam Altman, PDG d’OpenAI. Elle estime que les réalisations actuelles, telles que la création de contenu pornographique personnalisé et les fonctionnalités d’achat intégrées, sont loin de justifier les sacrifices sociaux considérables qu’implique le développement de l’IA.

Selon l’article, les dirigeants qui avaient initialement mis en garde contre les dangers de l’IA ont finalement cédé à la course aux armements technologiques, privilégiant la recherche du profit et cherchant à contourner les réglementations grâce à des alliances avec le pouvoir politique.

Un écran indique « IA » en référence à l'intelligence artificielle
Le rapport conclut que tout le monde voit l’abîme de loin, mais que personne ne s’arrête (Reuters)

Sur le plan politique, la situation est complexe. La division autour de l’IA ne suit pas les lignes partisanes traditionnelles. Si certains leaders technologiques aux États-Unis sont alliés au président Donald Trump, affaiblissant ainsi la réglementation, des figures d’extrême droite et d’extrême gauche adoptent des positions sceptiques, appelant à la protection des droits des consommateurs et à un moratoire sur la construction de centres de données.

D’autres responsables politiques, tant Républicains que Démocrates, se précipitent pour adopter la technologie, espérant attirer les investissements massifs d’entreprises comme Amazon.

Un sondage publié début décembre révèle que la majorité des habitants de Pennsylvanie, à l’instar de la majorité des Américains, s’inquiètent des conséquences de l’intelligence artificielle. La question centrale pour 2026, selon Goldberg, est de savoir si la démocratie américaine sera capable de répondre à cette préoccupation populaire ou si le pouvoir de l’argent et de la technologie l’emportera sur la volonté des citoyens.

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