Publié le 2024-06-21 16:53:00. Des chercheurs de l’Université Texas A&M ont mis au point une méthode innovante pour revitaliser les cellules vieillissantes en leur fournissant de nouvelles mitochondries, ouvrant ainsi des perspectives thérapeutiques prometteuses pour lutter contre les maladies liées au vieillissement et les affections dégénératives.
- Le transfert de mitochondries saines vers des cellules endommagées restaure leur production d’énergie et réduit le stress oxydatif.
- Des cellules souches modifiées grâce à la nanotechnologie produisent une quantité accrue de mitochondries, agissant comme de véritables « usines à énergie ».
- Cette approche pourrait bénéficier à un large éventail de pathologies, des maladies mitochondriales rares aux affections neurodégénératives et cardiaques.
Le vieillissement cellulaire est un processus complexe qui affecte de nombreux mécanismes essentiels de l’organisme, de la production d’énergie à la réparation des tissus. Si la dégradation des mitochondries, ces organites responsables de la production d’énergie cellulaire, est depuis longtemps reconnue comme un facteur clé du vieillissement, il était jusqu’à présent difficile d’inverser ce phénomène. L’équipe de l’Université Texas A&M a franchi une étape importante en transformant l’idée de « recharger » les tissus vieillissants en une réalité scientifique.
Les chercheurs ont découvert que l’introduction de mitochondries saines dans des cellules humaines endommagées ou vieillissantes permet de restaurer leur fonction énergétique. Selon le professeur Akhilesh Gaharwar, auteur principal de l’étude,
« Il s’agit d’une étape précoce mais passionnante vers la recharge des tissus vieillissants avec leur propre machinerie biologique. »
Akhilesh Gaharwar, professeur
Cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques pour contrer les effets du vieillissement et traiter diverses maladies.
La méthode repose sur l’utilisation de cellules souches combinées à de minuscules nanoparticules en forme de fleur, appelées « nanofleurs ». Ce processus stimule les cellules souches à produire jusqu’à deux fois plus de mitochondries que la normale. Comme l’explique Gaharwar :
« Les nanomatériaux transforment les cellules souches en biousines qui produisent de grandes quantités de mitochondries saines. Lorsque ces mitochondries sont transférées vers des cellules endommagées, la production d’énergie est restaurée et le stress oxydatif est réduit. »
Akhilesh Gaharwar, professeur
Il est important de souligner que cette approche ne vise pas à inverser le vieillissement en général, mais plutôt à apporter des améliorations significatives dans les maladies où la dégradation des mitochondries joue un rôle central. Parmi celles-ci figurent les maladies génétiques mitochondriales telles que le MELAS, le LHON et le syndrome de Leigh, ainsi que les processus neurodégénératifs comme la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique (SLA). La cardiomyopathie induite par la chimiothérapie et les lésions d’ischémie-reperfusion, qui surviennent lors de lésions organiques soudaines, pourraient également bénéficier de cette nouvelle approche.
Les chercheurs ont observé que les cellules souches enrichies en mitochondries transfèrent efficacement ces organites aux cellules vieillissantes ou endommagées. Si les cellules souches naturelles transfèrent déjà des mitochondries, celles modifiées par les nanofleurs en transfèrent de deux à quatre fois plus. De plus, contrairement aux médicaments qui renforcent les mitochondries existantes et nécessitent des administrations fréquentes en raison de leur dégradation rapide, les nanoparticules de grande taille peuvent persister plus longtemps dans la cellule, assurant une production soutenue de mitochondries. Cela suggère que les traitements futurs pourraient être administrés de manière moins fréquente, par exemple mensuellement.