Home AffairesNvidia est incompris : pourquoi le retrait ressemble à un achat criant

Nvidia est incompris : pourquoi le retrait ressemble à un achat criant

by Amélie Bernard

Nvidia a connu une journée tumultueuse en bourse jeudi, après des accusations de pratiques commerciales douteuses et la publication de chiffres inquiétants concernant ses créances. Malgré ces contretemps, certains analystes restent optimistes quant à l’avenir du géant des semi-conducteurs, notamment dans le contexte de la forte demande pour les centres de données et d’un possible assouplissement de la politique monétaire américaine.

Les critiques se sont concentrées sur des partenariats qualifiés de « circulaires » par certains observateurs, suggérant que Nvidia conclut des accords avec des entreprises qui gonflent artificiellement la valeur de leurs actions afin de pouvoir acquérir des GPU (processeurs graphiques) Nvidia. Bloomberg a révélé jeudi que les créances de Nvidia ont augmenté de 89 % et dépassent désormais ses ventes, ce qui soulève des questions quant à la capacité financière de certains nouveaux clients à honorer leurs engagements pour l’achat des coûteux GPU Blackwell.

Ces allégations et l’augmentation des créances ont provoqué un repli significatif de l’action Nvidia et ont affecté l’ensemble du marché boursier. Cependant, un article publié vendredi par Barron’s, intitulé « Nvidia est désormais incompris. Voici ce qui compte le plus en termes de bénéfices », nuance ces inquiétudes et souligne la solidité des perspectives de l’entreprise. Selon cet article, Nvidia reste une opportunité d’investissement intéressante, d’autant plus après la baisse de son cours de jeudi.

Par ailleurs, des rapports évoquent des contraintes potentielles sur le développement des centres de données, liées à des retards de construction et à la hausse des coûts de l’électricité. Néanmoins, les États-Unis disposent d’importantes réserves de gaz naturel, ce qui leur permet de produire de l’électricité à un coût compétitif grâce aux turbines à gaz. Si Siemens et Siemens enregistrent un carnet de commandes surchargé pour leurs turbines à gaz de grande taille, des turbines plus petites, largement disponibles grâce à l’industrie aéronautique, pourraient également être utilisées pour alimenter les centres de données.

Sur le front de la politique monétaire, John Williams, le président de la Réserve fédérale de New York, a indiqué à Santiago, au Chili, qu’une nouvelle baisse des taux d’intérêt à court terme pourrait être envisagée, à mesure que le marché du travail se détend.
« Je vois encore la possibilité d’un nouvel ajustement à court terme de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux afin de rapprocher l’orientation politique de la fourchette neutre, maintenant ainsi l’équilibre entre la réalisation de nos deux objectifs », a-t-il déclaré. Barron’s estime qu’il y a jusqu’à 70,9 % de chances que la Fed réduise ses taux en décembre.

Ces déclarations interviennent après la publication de données économiques mercredi, qui ont révélé la frustration de certains membres de la Fed face au manque d’informations précises, en raison de la récente fermeture du gouvernement fédéral. La réunion d’octobre du FOMC (Federal Open Market Committee) a été reportée au 16 décembre, après la réunion de décembre, ce qui pourrait accentuer cette frustration. La Fed, fortement dépendante des données économiques, pourrait donc ne pas procéder à des réductions de taux lors de la réunion de décembre, mais un rapport sur le mois de novembre, attendu début décembre, pourrait influencer la décision finale.

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