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Opération Midas – L’Italie envisage de continuer à aider l’Ukraine – UNIAN

by Nicolas Lefèvre

Publié le 14 novembre 2025 à 20h02. Des divisions internes à la coalition gouvernementale italienne émergent quant à la poursuite de l’aide à l’Ukraine, alimentées par des inquiétudes croissantes concernant la corruption et l’efficacité de l’assistance militaire.

  • Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, estime que l’aide à l’Ukraine pourrait alimenter la corruption et ne contribuerait pas à une résolution du conflit.
  • Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, s’oppose à cette idée, jugeant « absurde » de cesser d’aider l’Ukraine.
  • Un scandale de corruption impliquant Energoatom, la compagnie nucléaire ukrainienne, suscite des inquiétudes au sein de l’Union européenne concernant l’utilisation de l’aide financière.

Des divergences profondes se manifestent au sein du gouvernement italien concernant l’opportunité de maintenir son soutien à l’Ukraine. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini, leader de la Ligue d’extrême droite, a exprimé publiquement ses doutes quant à l’efficacité de l’aide militaire et financière, pointant du doigt des allégations de corruption à Kiev.

« Il y a des scandales de corruption impliquant le gouvernement ukrainien, donc je ne voudrais pas que l’argent des travailleurs et des retraités italiens soit utilisé pour alimenter davantage de corruption. Je ne pense pas que l’envoi de davantage d’armes résoudra le problème. Je pense que ce qui se passe ces dernières heures avec l’avancée des troupes russes nous montre qu’il est dans l’intérêt de tous, en particulier de l’Ukraine, de mettre fin à la guerre. »

Matteo Salvini, vice-Premier ministre italien

Salvini, connu pour ses liens passés avec la Russie, n’a pas directement critiqué le président Vladimir Poutine, mais a souligné l’importance de trouver une issue diplomatique au conflit. Il a ajouté que l’envoi d’armes ne ferait qu’aggraver la situation.

Cette position contraste fortement avec celle du ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, représentant du parti des Frères d’Italie du Premier ministre Giorgia Meloni. Crosetto a qualifié de « absurde » l’idée de suspendre l’aide à l’Ukraine, insistant sur la nécessité de soutenir la population civile ukrainienne, qui subit l’essentiel des attaques russes.

« Je comprends les inquiétudes de Matteo Salvini, mais je ne juge pas un pays sur la base de deux individus corrompus. Nous essayons d’aider la population civile qui subit 93 % des attaques russes. »

Guido Crosetto, ministre italien de la Défense

Malgré ces désaccords, le gouvernement italien a récemment approuvé le 12e programme de soutien militaire à Kiev et s’est engagé à fournir des générateurs électriques pour aider l’Ukraine à faire face à sa crise énergétique. Cependant, l’Italie n’a pas encore rejoint l’initiative de l’OTAN visant à acquérir des armes américaines pour l’Ukraine, une question qui reste en discussion au sein de la coalition.

Les inquiétudes italiennes interviennent dans un contexte de tensions croissantes en Europe concernant la corruption en Ukraine. Un scandale impliquant Energoatom, la compagnie nucléaire ukrainienne, et un proche collaborateur du président Zelensky, a soulevé des questions quant à la transparence de l’utilisation de l’aide européenne. Reuters rapporte que ce scandale a suscité des inquiétudes quant au risque de détournement de fonds.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a d’ailleurs appelé, lors d’un entretien téléphonique avec le président Zelensky, à une lutte plus énergique contre la corruption en Ukraine. Leurs échanges ont mis en évidence la pression croissante exercée sur Kiev pour qu’elle renforce sa gouvernance et sa transparence.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a également réagi au scandale, qualifiant les allégations de vol d’aide militaire. Sa réaction souligne la complexité de la situation et les défis auxquels l’Ukraine est confrontée pour maintenir le soutien de ses partenaires européens.

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