Publié le 8 décembre 2025 à 17h05. Une nouvelle étude révèle un lien possible entre de faibles niveaux de choline, un nutriment essentiel, et les troubles anxieux, ouvrant la voie à de futures recherches sur le rôle de l’alimentation dans la santé mentale.
- Une méta-analyse portant sur plus de 700 patients révèle que les personnes souffrant de troubles anxieux présentent des niveaux de choline inférieurs d’environ 8 % à ceux des personnes sans anxiété.
- La choline, souvent appelée vitamine J, est cruciale pour la santé du foie, la régulation du cholestérol et, de plus en plus, pour le fonctionnement du système nerveux et les fonctions cognitives.
- Les chercheurs soulignent qu’il est prématuré de recommander une supplémentation en choline, mais insistent sur l’importance d’une alimentation équilibrée pour garantir des niveaux adéquats de ce nutriment.
Des chercheurs de l’UC Davis Medical Center, en Californie, ont examiné les données de 25 études antérieures portant sur un total de 700 patients (370 atteints de troubles anxieux et 342 témoins). Leur analyse a mis en évidence une corrélation significative : les participants souffrant d’anxiété affichaient des niveaux de choline, un composé essentiel au métabolisme cérébral, inférieurs d’environ 8 % à ceux des autres participants. Bien que ce pourcentage puisse sembler faible, les scientifiques insistent sur son importance au niveau du cerveau.
« 8 % de moins, cela ne semble pas beaucoup, mais dans le cerveau, c’est significatif », a expliqué le psychiatre Richard Maddock, auteur principal de l’étude, en collaboration avec Jason Smucny, également chercheur à l’Université de Californie. Cette découverte confirme des observations antérieures de Maddock, qui avait constaté une carence fréquente en choline chez les patients souffrant d’anxiété et de crises de panique.
La choline est un nutriment essentiel, souvent classé parmi les vitamines B, bien qu’il ne s’agisse pas techniquement d’une vitamine. Elle joue un rôle crucial dans diverses fonctions corporelles, notamment la santé du foie, la régulation du cholestérol, et de plus en plus, le fonctionnement du système nerveux et le maintien des fonctions cognitives. La Fondation Humanitas détaille les multiples bienfaits de ce nutriment.
Les chercheurs émettent l’hypothèse que les mécanismes sous-jacents aux troubles anxieux, tels que la réaction de « combat ou fuite » face à des situations non menaçantes, pourraient augmenter la demande en choline. Ils soulignent toutefois qu’il n’existe pas encore de preuves définitives permettant d’affirmer qu’une supplémentation en choline réduirait l’anxiété. « Nous ne savons pas encore si augmenter la choline dans votre alimentation contribuera à réduire l’anxiété. Des recherches supplémentaires seront nécessaires », a précisé Maddock.
La choline est présente à la fois dans les aliments d’origine animale (bœuf, poisson, œufs, poulet, lait) et végétale (arachides, haricots, champignons, soja, pommes de terre, certains brocolis et céréales). Le corps en produit également une partie. Une alimentation équilibrée et variée est donc essentielle pour garantir un apport suffisant en choline, ainsi qu’en d’autres nutriments essentiels. Fanpage.it propose une analyse approfondie des sources alimentaires de choline.
D’autres études ont déjà alerté sur la prévalence de la carence en choline dans la population. Une étude menée en 2023 aux États-Unis a établi un lien entre une carence en choline et des modifications du système nerveux associées à la maladie d’Alzheimer. Cette recherche souligne l’importance de cet élément nutritif pour la santé globale.
Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), les apports quotidiens recommandés en choline sont de 400 mg pour les adultes et les adolescents de 15 à 17 ans.
Cette nouvelle étude, publiée dans Nature, ouvre de nouvelles perspectives sur le lien entre l’alimentation et la santé mentale, et souligne la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine.
Dans un domaine connexe, des recherches récentes suggèrent qu’un supplément d’arginine pourrait réduire l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau, un facteur clé de la maladie d’Alzheimer. Plus d’informations sur cette découverte sont disponibles sur Fanpage.it.