Publié le 2025-10-17 18:06:00. Une avocate s’est vue refuser la possibilité d’assister à une audience par visioconférence après une panne de véhicule, une décision confirmée par la Cour fédérale de finances (BFH). L’affaire soulève des questions sur l’étendue du droit à être entendu et les conditions d’accès à la justice.
- Le droit à être entendu ne confère pas automatiquement le droit à une audience en visioconférence, surtout en cas de demande tardive et d’absence d’équipement adéquat.
- La BFH a rejeté le recours de l’avocate, estimant que le tribunal n’avait pas manqué à son obligation de l’entendre.
- Le délai court avant l’audience et l’absence de matériel de visioconférence sur place ont été déterminants dans la décision.
Une avocate s’est retrouvée dans l’impossibilité de se présenter physiquement à une audience du Tribunal administratif de Dessau-Roßlau le 26 septembre 2024. Informée de la possibilité d’une décision prise en son absence, conformément à l’article 91, paragraphe 2 du Code de procédure administrative fiscale (FGO), elle a sollicité, seulement après la fermeture du tribunal, une participation par visioconférence en raison d’une panne de son véhicule.
Le président du tribunal a rapidement répondu que l’établissement ne disposait d’aucune infrastructure de visioconférence. Il a également estimé qu’il n’y avait pas de motif valable pour reporter l’audience, suggérant que l’avocate aurait pu se rendre sur place en utilisant les transports en commun, une dépense qu’elle devrait assumer. L’audience s’est donc déroulée sans elle, et son recours ultérieur pour obtenir un report a été rejeté.
L’avocate a ensuite saisi la BFH, invoquant une violation de son droit à être entendue, un vice de procédure selon l’article 115 du FGO. Cependant, le IIIe Sénat de la BFH n’a pas constaté d’infraction et a confirmé le rejet de sa plainte.
La BFH a justifié sa décision en soulignant que le tribunal n’avait pas été informé de motifs suffisamment sérieux pour justifier un report, ni au début ni pendant l’audience. La simple panne du véhicule de l’avocate n’a pas été jugée suffisante. De plus, le court préavis de la demande de visioconférence rendait impossible l’organisation d’une telle audience dans un délai raisonnable. Selon la cour, cela ne constituait pas une violation de son droit à être entendue, et le tribunal n’était pas tenu de l’informer à l’avance de l’absence d’équipement de visioconférence.
La BFH a rappelé que, selon la jurisprudence, il n’existe généralement pas de droit à une audience par visioconférence si les moyens techniques nécessaires ne sont pas disponibles. La question de savoir si le tribunal était en droit de se baser sur ce manque de technologie est restée ouverte.
Finalement, l’avocate n’ayant pas pu démontrer de manière convaincante à la fois un vice de procédure et l’importance fondamentale de l’affaire – un litige concernant l’impôt sur le revenu lié aux allocations familiales de son fils – la BFH a rejeté son recours dans sa totalité (IIIB 95/24).
De la base de données beck-online
Spoenle, La réforme timide de l’audience vidéo, JWW 2024, 2647
Sieweke, audiences vidéo dans la justice administrative, NVwZ 2025, 1217
BVerwG, conditions pour déposer une nouvelle plainte pour retard, NVwZ-RR 2021, 997
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