Le nouveau gouvernement du Parti québécois hérite d’un important déficit budgétaire et de surprises financières laissées par l’administration précédente, a déploré le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon.
Le Parti québécois conteste l’héritage financier de la Coalition avenir Québec
À la dernière séance du cabinet Fréchette le 14 octobre dernier, les ministres caquistes sortants assuraient pourtant qu’ils laissaient la maison en ordre, selon les informations rapportées par Néomédia.
Le vice-premier ministre Ian Lafrenière avait alors plaidé que l’État était dans un état meilleur qu’auparavant, tandis que le ministre sortant des Finances Eric Girard présentait un déficit parmi les plus petits au Canada.

Ce bilan a été contesté par le nouveau chef du gouvernement. Selon les détails transmis par Radio-Canada, le premier ministre a affirmé que son administration doit manœuvrer avec des chiffres peu clairs sur l’avenir que la Coalition avenir Québec avait présentés. Le Rapport préélectoral sur l’état des finances publiques, déposé le 17 août par la Vérificatrice générale, esquissait pourtant une légère amélioration en prévoyant un déficit comptable de 5,2 milliards de dollars pour 2026-2027, une somme qui atteignait 8,6 milliards de dollars en incluant le versement obligatoire au Fonds des générations.
Nicolas Marceau attend le budget fédéral
Face à la situation, le nouveau ministre des Finances, Nicolas Marceau, a indiqué qu’il attendait le budget fédéral avant de confirmer le calendrier du retour à l’équilibre budgétaire, d’après les précisions de Le Droit. Durant la campagne électorale, la formation péquiste s’était engagée à résorber le déficit d’ici 2028-2029, devançant d’un an les exigences de la Loi sur l’équilibre budgétaire grâce notamment à des compressions dans la bureaucratie et à une maîtrise de la masse salariale de l’État.
Aujourd’hui, je rencontrais le ministre des Finances, M. Nicolas Marceau, ainsi que nos conseillers économiques pour travailler sur la mise à jour économique que nous présenterons à l’Assemblée nationale dans quelques semaines. Ce sera l’occasion de présenter des mesures pour… pic.twitter.com/otM2Hq65E7
Toutefois, la mégadéduction fiscale annoncée par Ottawa le 15 septembre pour stimuler la productivité des entreprises vient compliquer la tâche de Québec, qui doit s’harmoniser à cette décision. Comme le rapporte TVA Nouvelles, cette mesure fédérale privera le Trésor québécois d’un milliard de dollars par année. En marge du Conseil des ministres, M. Marceau a également pointé du doigt le Plan québécois des infrastructures, affirmant qu’un sérieux ménage s’impose pour écarter les projets figés de longue date pour de simples motifs électoraux.
Québec transmet ses revendications à Ottawa
Le ministère des Finances a transmis une liste formelle de revendications à Ottawa en vue du budget fédéral. Les demandes de Québec ciblent une hausse des transferts en santé, le remboursement intégral des sommes consacrées à l’accueil des demandeurs d’asile, un transfert inconditionnel pour la gestion des infrastructures publiques ainsi que la défense stricte de la gestion de l’offre, tel que le relève Noovo Info.

Pour l’épauler dans la gestion de ce dossier et face au contexte commercial tendu avec les États-Unis, le premier ministre a procédé à des nominations stratégiques.