Home SantéPerdre du poids avec du muscle et sans mordant : à quoi ressembleront les remèdes anti-obésité

Perdre du poids avec du muscle et sans mordant : à quoi ressembleront les remèdes anti-obésité

by Sophie Martin

Publié le 16 octobre 2025 10:02:00. Des chercheurs brésiliens explorent de nouvelles pistes pour lutter contre l’obésité, en ciblant non plus seulement l’appétit, mais aussi la capacité du corps à brûler des calories grâce à la graisse brune.

  • L’activation du tissu adipeux brun, ou graisse brune, pourrait augmenter significativement la dépense énergétique et favoriser la perte de poids.
  • Des substances comme des dérivés d’antibiotiques, la cannelle et la capsaïcine sont à l’étude pour stimuler cette graisse brune, mais des doses ajustées sont nécessaires pour éviter les effets secondaires.
  • La recherche se concentre également sur l’hypothalamus et l’identification de nouveaux récepteurs pour activer la dépense énergétique, avec l’espoir de combiner différentes approches pour une perte de poids plus importante.

La lutte contre l’obésité pourrait connaître une nouvelle orientation grâce aux travaux menés par des scientifiques de l’Unicamp (Université d’État de Campinas). Jusqu’à présent, les traitements se concentraient principalement sur la réduction de l’appétit. Une nouvelle voie, explorée par l’équipe du coordinateur du Centre de recherche sur l’obésité et les comorbidités de l’Unicamp, Licio Velloso, vise à augmenter la dépense énergétique en exploitant le potentiel de la graisse brune.

La graisse brune, contrairement à la graisse blanche qui stocke l’énergie, est riche en mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. Elle possède une particularité : elle libère une partie de l’énergie produite sous forme de chaleur, un processus qui pourrait favoriser la perte de poids. « Si on peut activer beaucoup les tissus bruns, on augmente la dépense énergétique », explique Licio Velloso.

Cependant, activer la graisse brune sans conséquences néfastes représente un défi majeur. Un médicament existant, utilisé pour traiter des problèmes de vessie, a montré un potentiel pour augmenter la dépense énergétique, mais uniquement à des doses très élevées, entraînant des risques cardiovasculaires. Les chercheurs explorent donc des alternatives plus sûres, notamment des dérivés d’antibiotiques, la cannelle et la capsaïcine, un composé présent dans les poivrons. « Tout cela augmente un peu [la dépense énergétique], mais cela ne suffit pas à garantir une perte de poids. Maintenant, nous cherchons à ajuster les doses », précise le chercheur.

L’objectif ultime est de combiner différentes stratégies pour maximiser les résultats. Selon Licio Velloso, « Lorsque ces médicaments seront disponibles, nous augmenterons encore la perte de poids du patient. Si vous additionnez les deux, cela atteint peut-être environ 40 %, alors vous résolvez presque le problème de presque tout le monde. »

Parallèlement, les recherches s’orientent vers l’hypothalamus, une région du cerveau qui joue un rôle clé dans la régulation de la faim et de la satiété. Les analogues du GLP-1 et du GIP, déjà utilisés dans certains traitements, agissent sur cette zone. L’équipe de recherche explore désormais d’autres récepteurs, notamment GPR-40 et GPR-139, pour stimuler également la dépense énergétique. Licio Velloso se montre optimiste : « D’autres candidats sont à l’étude et le chercheur est convaincu que l’un d’entre eux sera bientôt testé sur des humains. »

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.