Washington – Le géant pharmaceutique Pfizer s’est engagé à moduler ses prix de vente aux États-Unis, suite à un accord conclu avec l’administration Trump. Cette annonce intervient alors que le pays est confronté à une possible paralysie gouvernementale, exacerbée par des désaccords sur les politiques de santé.
Selon les termes de l’accord, Pfizer accordera à Medicaid les mêmes prix que ceux pratiqués auprès des autres nations développées, et s’engage à maintenir cette politique pour ses nouveaux médicaments. Le président Trump a souligné qu’il s’agissait d’une avancée significative, obtenue grâce à la menace de droits de douane.
« Je ne peux pas vous révéler le montant exact », a déclaré le président lors d’une conférence de presse en présence d’Albert Bourla, PDG de Pfizer. Ce dernier a affirmé que cet accord marquait « un tournant, inversant une situation injuste ».
Depuis des mois, l’administration Trump cherchait des moyens de réduire le coût des médicaments. En mai dernier, un décret exécutif avait donné aux laboratoires 30 jours pour proposer des baisses volontaires, sous peine de voir les remboursements gouvernementaux limités. La menace de droits de douane a été utilisée comme levier pour encourager les négociations.
L’impact de cette nouvelle politique sur les patients bénéficiant de Medicaid reste à évaluer. Bien que les bénéficiaires ne paient généralement qu’une faible participation aux frais, la réduction des prix pourrait alléger le fardeau financier des États, qui contribuent au financement du programme.
Les patients sans assurance santé, qui ont peu de marge de négociation, pourraient également bénéficier de ces baisses de prix. « C’est quelque chose que beaucoup considéraient comme impossible », a déclaré M. Trump. Il a toutefois exagéré l’ampleur des réductions, évoquant des baisses de « 14, 15, voire 1 600 % dans certains cas », ce qui équivaudrait à des médicaments gratuits, voire à des paiements pour les consommer.
Le président a annoncé qu’il était en train de conclure des accords similaires avec d’autres fabricants de médicaments, et qu’il s’attendait à des annonces de la part de tous les principaux acteurs de l’industrie la semaine prochaine.
En outre, Pfizer s’est engagé à investir 70 milliards de dollars (environ 64 milliards d’euros) dans ses installations de production aux États-Unis, rejoignant ainsi d’autres grands laboratoires pharmaceutiques qui ont annoncé des plans similaires. Les détails de cet investissement n’ont pas encore été divulgués.
Pfizer Inc. est l’un des principaux fabricants de médicaments aux États-Unis, notamment le vaccin Comirnaty contre la COVID-19 et le traitement Paxlovid. Son portefeuille comprend également des médicaments contre le cancer, un anticoagulant (Eliquis) et un vaccin contre la pneumonie.
Fin juillet, l’administration Trump avait adressé des lettres à 17 sociétés pharmaceutiques, soulignant que les prix pratiqués aux États-Unis pouvaient être jusqu’à trois fois plus élevés que dans d’autres pays développés. Ces lettres demandaient aux fabricants de proposer des prix similaires à ceux accordés aux autres nations, notamment pour les nouveaux médicaments.
Par ailleurs, le président Trump a demandé aux laboratoires de proposer les prix les plus bas pour les médicaments vendus directement aux consommateurs et aux entreprises, affirmant que les États-Unis subventionnaient actuellement les systèmes de santé d’autres pays.
Ces dernières années, de nombreux laboratoires ont commencé à proposer des plateformes de vente directe aux consommateurs, notamment pour des traitements tels que Zepbound (Lilly) contre l’obésité ou Eliqua (Pfizer) et l’anticoagulant de Bristol-Myers Squibb, profitant de l’essor de la télémédecine.
Les prix des médicaments aux États-Unis sont influencés par divers facteurs, tels que la concurrence, la couverture d’assurance et les programmes gouvernementaux comme Medicaid et Medicare.
Alors que M. Trump se concentrait sur les prix des médicaments, les démocrates, de leur côté, cherchaient à annuler les coupes budgétaires prévues dans le cadre de la loi sur les soins de santé adoptée cet été, et à prolonger les réductions d’impôts qui rendent les primes d’assurance maladie plus abordables. Les républicains ont toutefois refusé de négocier sur ces points.
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